Il est un art – l’art d’aller droit à Dieu. Pour cela, il faut faire taire le bavardage intérieur, cette rumeur continue où je me parle à moi-même, où je rumine mes peurs, mes désirs, mes blessures. Ce silence intérieur est bien plus exigeant que l’absence de parole extérieure. Il ne peut se maintenir que s’il est habité. Non par moi-même, mais par la mémoire de Dieu – memoria Dei. C’est elle qui transforme le silence en présence. Pour que le moine soit vraiment tourné vers Dieu, il faut qu’il pratique cette extase qui est une sortie de soi-même. Le moyen par lequel nous restons enfermés en nous-mêmes est le bavardage intérieur. La récitation sans cesse de mes pensées, de mes inquiétudes, de mes erreurs, de mes rêves ou de mes blessures. Il faut s’exercer à faire taire ces voix, et accepter la vulnérabilité à la présence d’un Autre.
C’est pourquoi saint Bernard écrit : « Pourquoi tant vous hâter ? Pourquoi ne pas attendre la lumière ? Pourquoi entreprenez-vous des œuvres de lumière avant que la lumière paraisse ? » Il y a une hiérarchie dans les œuvres. Sans Dieu, elles sont nécessairement stériles.
Son avertissement est d’une rare lucidité. L’homme religieux, le moine, le prêtre, le croyant professionnel, est tenté de faire – de prouver son utilité, de produire, de rayonner. Mais les œuvres de lumière doivent venir de la lumière. Il faut attendre le tempus opportunum, le moment favorable, la visitation de Dieu. Tant que la nuée ne bouge pas, Israël ne marche pas.
C’est là l’art d’attendre, de discerner, de renoncer à l’activisme spirituel. Agir sans lumière, c’est risquer de s’égarer, voire de se faire l’agent d’une lumière feinte – d’un éclat luciférien. Le moine, lui, attend que l’étoile de l’aurore se lève en son cœur. Il y a toujours un mystère ineffable de la patience de Dieu. Il s’agit d’être attentif aux signes de la Providence pour ne pas les anticiper
C’est pourquoi saint Bernard écrit : « Pourquoi tant vous hâter ? Pourquoi ne pas attendre la lumière ? Pourquoi entreprenez-vous des œuvres de lumière avant que la lumière paraisse ? » Il y a une hiérarchie dans les œuvres. Sans Dieu, elles sont nécessairement stériles.
Son avertissement est d’une rare lucidité. L’homme religieux, le moine, le prêtre, le croyant professionnel, est tenté de faire – de prouver son utilité, de produire, de rayonner. Mais les œuvres de lumière doivent venir de la lumière. Il faut attendre le tempus opportunum, le moment favorable, la visitation de Dieu. Tant que la nuée ne bouge pas, Israël ne marche pas.
C’est là l’art d’attendre, de discerner, de renoncer à l’activisme spirituel. Agir sans lumière, c’est risquer de s’égarer, voire de se faire l’agent d’une lumière feinte – d’un éclat luciférien. Le moine, lui, attend que l’étoile de l’aurore se lève en son cœur. Il y a toujours un mystère ineffable de la patience de Dieu. Il s’agit d’être attentif aux signes de la Providence pour ne pas les anticiper

