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14 Octobre 2016

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : focus sur "Un président ne devrait pas dire ça..."

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Gérard Davet et Fabrice Lhomme : focus sur "Un président ne devrait pas dire ça..."

C’est un nouveau pavé que viennent d’envoyer dans la mare Gérard Davet et Fabrice Lhomme avec "Un président ne devrait pas dire ça…" (Stock). Et quel pavé ! Après cinq années passées à recueillir la parole présidentielle et des proches de François Hollande dans des contextes les plus favorables possibles à la confidence, le duo de journalistes d’investigation publie 700 pages de secrets, de déclarations stupéfiantes reprises et commentées a l’envi dans les médias cette semaine. Nous nous sommes amusés à ouvrir au hasard à cinq endroits différents ce livre né d’un dispositif sidérant pour en tirer de nouvelles révélations.

Où l’on apprend que François Hollande cisèle les discours.

"Sans surprise, le nouveau gouvernement, ce sera sans les Verts. Tant pis. Ou plutôt tant mieux, juge Valls.

Le 8 avril 2014, il prononce son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, et la France découvre un rhéteur. Un type capable de transformer un vague propos sur l’Education nationale en morceau de bravoure. Le Premier ministre se souvient de la genèse de ce discours, dans lequel Hollande a mis sa patte. « On prépare un premier discours, une heure quinze, un peu lourd, trop long, Hollande l’a pris, l’a élagué et a rendu le verbe plus tranchant. Mais j’ai gardé des formules que j’avais prévues. Je l’ai vu tailler en pièces des beaux discours pour garder « la phrase »". (Manuel Valls cité p. 102)

 

Où l’on apprend que des "réseaux sarkozystes" pourraient être à l’origine des photos de Closer selon l’entourage du président

"Dans son entourage en tout cas, certains ont vu, derrière la parution de Closer, l’action souterraine des réseaux sarkozystes. Lorsque nous l’interrogeons sur cette hypothèse, lui-même admet franchement ne pas pouvoir confirmer : « Je n’ai pas d’éléments, dit-il. Ce que l’on sait, c’est que dans les services de police, y compris le GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République), il y a encore des éléments qui avaient servi sous Sarkozy et qui lui font remonter des informations. On n’a pas fait la chasse aux sorcières », lance-t-il, anticipant la question, voire la critique suivante. Les manœuvres dans l’ombre, des réseaux sarkozystes reviendront souvent dans nos discussions tout au long du quinquennat." (p.149)

 

Où l’on apprend qu’ "être président c’est ne pas avoir d’amis"

Au constat dressé par son entourage qu’il s’isole de plus en plus (Selon Manuel Valls "Il faut qu’il sorte de son corner. Il est très seul, l’Elysée isole…"), François Hollande répond : "« Etre président, c’est ne pas avoir d’amis, l’âche-t-il. Etre président c’est accepter cette situation de solitude. » Il fait bien plus que l’accepter, il la revendique, tout simplement parce qu’il se méfie terriblement. « Ce qui vous rattrape, ce n’est pas forcément vous-même, c’est votre entourage. » (…) « De toute manière reprend Hollande, la vie politique fait que vous avez beaucoup de relations et peu d’amis. Beaucoup de gens vous donnent leur confiance. Mais l’amitié, c’est rare. Les amis, je les compte sur les doigts d’une main. » (pp. 185-186)

 

Où l’on apprend que Nicolas Sarkozy et François Hollande "s’insupportent. Se haïssent même"

François Holande revient sur son voyage en Afrique du sud à l’occasion de l’hommage international rendu à Nelson Mandela en décembre 2013 : "Retour à Johannesburg. « Sarkozy déversait tout son fiel sur ceux qui voulaient atteindre la présidence de la République, affirme Hollande. Il essayait de me confondre avec lui, c’est-à-dire en gros « On est visés, nos vies privées, nos familles, nos enfants… » Je lui dis : « C’est vrai plus internet, plus tout ça, c’est vrai que c’est insupportable… » Mais après, il commence à me parler de l’argent qu’il gagnait avec ses conférences. Je me dis : « Il ne va pas oser quand même… » Si. (…) Dans un soupir Hollande lâche : « Uniquement l’argent ! Que l’argent… » » (p. 297)

 

Où l’on apprend que François Hollande veut liquider le PS

"Après quelques considérations sur le paysage politique, le chef de l’Etat en est venu à l’essentiel.

« Tant qu’il y avait des partis de gauche, les communistes, les Verts, qui acceptaient de faire alliance avec le PS et qui représentaient quelque chose, on n’avait aucun intérêt à refonder le PS, commence-t-il. Mais dès lors que ces alliés se sont rigidifiés, spectarisés, il faut faire sans ces partis-là. Comment ? Avec le parti le plus important, on en fait un nouveau qui permet de s’adresser aux électeurs ou aux cadres des autres partis. Ce que vous ne faites plus par les alliances, vous le faites par la sociologie. Par l’élargissement. C’est une œuvre plus longue, plus durable, moins tributaire d’alliances. Vous pouvez imaginer que viennent aussi des gens qui n’ont jamais fait de politique partisane, des gens du centre… » ça ne peut pas être un jeu d’appareil, insiste Hollande, parce que ce n’est pas en additionnant les socialistes, un bout des Radicaux, quelques communistes et quelques écologistes, c’est en disant : voilà, on fait une grande formation politique… »

Ce nouveau mouvement, susceptible de réunir toute la gauche dite de gouvernement, Hollande imaginait alors le lancer dès le « début de l’année 2016 ». il a pris du retard manifestement. Ou n’a pas osé franchir le pas. « Il y a un intérêt à le faire dans la perspective d’une élection présidentielle plutôt qu’au lendemain », justifie-t-il, pourtant, ce 11 décembre 2015". (pp. 623-624)

 

"François Hollande n’aurait pas dû « dire ça » ? En tout cas, nous, nous devions l’écrire", insistent Lhomme et Davet. A bon entendeur…

 

N.S

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