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Eric Fottorino : qui sont les mentors de nos responsables politiques ?

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Eric Fottorino : qui sont les mentors de nos responsables politiques ?
Les héritiers de la république
« Quelle figure a accompagné, éclairé, voire suscité votre engagement dans la vie publique ? » C’est la question simple qu’Éric Fottorino a posée aux actuels ou futurs dirigeants politiques français. Pour tous, leur engagement s’est nourri des valeurs prônées avant eux par des...
Paru le : 
09 Mai 2012

Qui sont les modèles de nos hommes et femmes politiques ? C'est la question qu'a posée le journaliste Eric Fottorino à une trentaine d'entre eux dans Les Héritiers de la République (Calmann-Levy).

L'auteur en un clin d'oeil :

Directeur du Monde jusqu'en décembre 2010, Eric Fottorino a mené l'essentiel de sa carrière au sein de ce grand quotidien du soir auquel il consacre son avant-dernier livre Mon tour du monde, publié chez Gallimard. Lire la biographie d'Eric Fottorino.

 

Interview : Quatre questions à Eric Fottorino

 

MyBOOX: Pourquoi s'intéresser aux modèles de nos hommes et femmes politiques?  

 


Eric Fottorino : Mon but était de savoir au-delà du grand théâtre de la politique, ce qui animait ces personnes que l'on moque parfois, que l'on décrit souvent comme superficielles et qui sont toujours occupées à se faire élire ou réélire. Souvent, leurs discours sont émaillés de citations. Mais encore faut-il savoir en quoi les itinéraires des personnages que l'on cite marquent un parcours, un engagement.

 

 

Que révèlent les références des personnes que vous avez interrogées ?

 

Par exemple, Jean-François Copé voit au travers de Bonaparte au pont d'Arcole, l'archétype du leader en politique, de celui qui va au milieu des flammes et qui triomphe. Selon la légende, Bonaparte a salué ses soldats un par un, en leur disant qu'il comptait sur chacun d'entre eux, puis a franchi le pont, le drapeau à la main, alors que l'ennemi lui faisait face, c'est donc un acte de courage. Et Jean-François Copé y voit une sorte de leçon de management politique. Par ailleurs, lorsque Marine Le Pen cite Jeanne d'Arc, c'est inévitable, la figure hante tout l'univers des Le Pen mais lorsqu'elle parle de De Gaulle, cela montre dans sa stratégie de pouvoir sa volonté d'enterrer certaines références de son père. Et le fait qu'elle se réclame de De Gaulle doit quand même troubler une partie de l'électorat frontiste historique, puisque l'OAS est née entre guillemet de la trahison de De Gaulle.

 

 

Qui vous a surpris ?

 

 

Rachida Dati. Elle m'a cité Lech Walesa qui lui rappelait son père. Elle m'a parlé du Lech Walesa des chantiers de Gdansk, avec son col roulé, ses chaussures de sécurité, sa salopette. C'était un entretien assez émouvant d'ailleurs. Le parcours de Valérie Pécresse et son rapport avec Malraux est aussi assez étonnant. Alors qu'elle venait de faire HEC, qu'elle se destinait à entrer dans le département fusion-acquisition d'une grande banque, tout d'un coup, elle s'est jetée sur les Antimémoires de Malraux et a décidé de se mettre au service de l'Etat, d'où sa préparation au concours de l'ENA. Il y a là une bifurcation assez singulière.

 

 

Vous avez sollicité notre nouveau président. Qui sont ses modèles ?

 

Quand je suis allé voir François Hollande, il était dans une posture de candidat, il était donc admiratif de François Mitterrand, tacticien, réussissant à conquérir le pouvoir. D'ailleurs, François Hollande précise, qu'à l'époque, il y était parvenu avec quelques hommes, et qu'il n'y avait pas beaucoup de femmes, l'air de dire qu'il faut aujourd'hui donner un rôle plus important aux femmes que sous Mitterrand. Bien sûr, il cite Jacques Delors. Au sujet de Pierre Mendes-France, il considère avoir été injuste avec lui, parce qu'il voyait en Mendès celui qui aurait pu relever la gauche. Quand à De Gaulle, François Hollande s'y est intéressé quand il était abandonné par les siens en 1969, quand il souhaitait introduire la participation dans les entreprises, quand il voulait en finir ou en tout cas affaiblir un Etat très jacobin et mettre en place la régionalisation.

 


La page à corner :

 

Au chapitre sur François Hollande, intitulé Mitterrand d'abord : "Les yeux de Hollande brillent quand il narre ces épisodes glorieux qui ont suivi les échecs et les traversées du désert de l'homme à la rose..." (page 127).

 



Propos recueillis par Claire Checcaglini

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