« La peur, comme l’amour, est la seule émotion qui nous fait battre le cœur. »
Cette phrase pourrait résumer à elle seule le rapport intime que Donato Carrisi entretient avec l’écriture. Mais l’histoire commence bien plus tôt. À 11 ans, dans une petite bibliothèque de village, il emprunte L’horloge qui hurle d'Alfred Hitchcock. Il ne le sait pas encore : les deux dernières pages du livre manquent. Une fin irrésolue qui, plutôt que de le frustrer, allume en lui une étincelle. Pour combler le manque, il imagine toutes les fins possibles. Et sans le savoir, c’est ainsi qu’il commence à écrire les siennes.
Dans cette interview vidéo , l’auteur italien revient sur ce moment fondateur et sur tout ce qui a suivi : ses débuts inattendus dans la rédaction de nécrologies et d’annonces matrimoniales, sa vision très libre de l’inspiration (« elle ne prend jamais rendez-vous »), et les livres qui ont façonné son approche du thriller psychologique.
Aux frontières du rêve et de la réalité
Son nouveau roman, La Maison des silences (Calmann-Lévy et Audiolib), nous entraîne dans l’esprit d’un enfant hanté par une femme silencieuse aux longs cheveux sombres. Pour l’aider, Pietro Gerber, psychologue pour enfants et hypnotiseur, surnommé « l’endormeur d’enfants » , accepte de replonger dans ces rêves nocturnes. Mais plus il avance, plus une question s’impose : et si cette femme n’existait pas seulement dans le monde des songes ?
Carrisi le dit lui-même : il écrit pour que les rêves transforment la réalité, et que la réalité s’infiltre dans les rêves. Cette porosité est au cœur de La Maison des silences, dont la vidéo dévoile les inspirations, les doutes, les obsessions et l’exploration du « non-dit », ce territoire que Carrisi arpente depuis ses premiers romans.
Un thriller hypnotique à découvrir
Entre confidences, souvenirs d’enfance et réflexions sur le métier d’écrivain, cette interview offre un regard rare sur l’un des maîtres contemporains du suspense psychologique.
Un auteur qui observe le monde comme un explorateur, toujours en quête d’énergie, d’histoires et d’ombres.
Interview et traduction : Laetitia Joubert
Cadrage, montage : Vincent Derrien.

