Qui je suis n’est "(…) ni une biographie, ni un chant, ni une trahison, à peine un roman – disons une ballade comme on fredonne la ballade des dames du temps jadis". C’est en tout cas en ces termes qu’ont réussi l’écrivain et éditeur Christophe Bataille et Charlotte Rampling à définir l’ouvrage dans ses premières pages. Un recueil dans lequel leurs deux voix se mêlent et où la grande actrice anglaise, aujourd’hui âgée de près de 70 ans, dépose des poèmes ou des pensées qui viennent légender les photos familiales, et surtout se souvenir d’une sœur tendrement aimée et trop tôt partie dans des circonstances qui ont tardé à s’éclaircir.
1 – La mère, comme dans un roman de Francis Scott Fitzgerald.
"Le grand bal du printemps va commencer. Tout est satin, soie parfumée. Un photographe fixe cet instant. Fitzgerald ne rêvait pas. S’il y a un envers du paradis, il y a aussi un paradis. Oui ce monde a existé. Cette longue voiture devant un perron d’autrefois, ce n’est pas autrefois : c’est la jeunesse de ma mère." (p.34)
2- La jeune fille en robe de crêpe.
"Une jeune fille en robe de crêpe se tient assise devant une roulotte. Elle est pieds nus dans ce paradis de fleurs noires et blanches et gracieuses. Il flotte un poison, je ne sais pas lequel. A-t-elle pensé quelque chose à cet instant ? Elle me regarde si doucement. J’étais prête à partir dans mon rêve de bois et de vents, fille de la mélancolie et du rire : mais je suis restée." (p.48)

