Le premier livre de Colette signé Willy et l’inauguration de la série des Claudine
"Je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout."
Colette est l’une des femmes de lettres les plus marquantes du XXème siècle. Née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, nous fêtons cette année les 150 ans de sa naissance. Femme à la vie sulfureuse, au parcours exceptionnel, de sa Bourgogne natale au Paris des hautes sphères, de prête plume pour son premier mari à la Présidence de l’Académie Goncourt, première femme à recevoir des obsèques nationales, Colette a eu un destin extraordinaire. De sa série Claudine signée du nom de son mari Willy, à Paradis Terrestre, elle construit une œuvre riche et prolifique où elle développe de nombreux thèmes, parmi lesquels l’amour, le désir, la sexualité, la vieillesse, la nature, les animaux…
Le premier livre de Colette signé Willy et l’inauguration de la série des Claudine
"Je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout."
Ses livres parmi les plus connus, la concentration des thèmes de son œuvre
"Je tendais mes oreilles "sur Moutiers", de l'horizon venaient un bruit égal de perles versées dans l'eau et la plate odeur de l'étang criblé de pluie, vanné sur ses vases verdâtres." Sido
"Je ne connais plus le somme heureux, mais je ne crains plus les vrilles de la vigne" Les vrilles de la vigne
Un roman sur l’amour et le désir d’indépendance
"Rien ne mène à l'amour. C'est lui qui se jette en travers de votre route. Il la barre à jamais, ou, s'il la quitte, laisse le chemin rompu, effondré."
Un bestiaire tendre sous forme de saynètes, publié pendant la première Guerre
"J'ai rassemblé des bêtes dans ce livre, comme dans un enclos où je veux qu'il n'y ait pas guerre... "
"La bête innocente, a le droit, elle seule, d'ignorer la guerre ! "
L’une de ses œuvres très célèbre ; une passion amoureuse et sulfureuse entre une courtisane de cinquante ans et un jeune homme
« Mais tu ne peux donc pas rire sans froncer ton nez comme ça ? Tu seras bien content quand tu auras trois rides dans le coin du nez, n'est-ce pas ? »
Un livre sur la jeunesse de l’écrivaine à la campagne
"Par les jours de printemps précoce, aux heures du jour où la terre, dégelée, fume sous le soleil et embaume, certains massifs, certaines plates-bandes ameublies qui attendent les semis et les repiquages, semblent jonchés de couleuvres : les seigneurs rayés, ivres d’encens végétal, tordent leurs reins, rampent sur le ventre, fouettent de la queue et râpent délicatement sur le sol leur joue droite, leur joue gauche, pour l’imprégner de l’odeur prometteuse de printemps — ainsi une femme touche, de son doigt mouillé de parfum, ce coin secret, sous l’oreille."
Un roman sur la passion et la fascination pour les chats
"Viens, mon petit puma, viens... Ma chatte des cimes, ma chatte des lilas, Saha, Saha..."
Un livre sur l’opium, l’alcool et les plaisirs charnels
"Chacun dans la lucidité de son enfer marche vers une impossible étoile et se consume. Le trouble ne saurait départager le pur de l'impur. L'un ne pouvant sans doute exister sans l'idée même de l'autre."
Un récit inspiré de son passé d’artiste de music-hall, doublé d’un conte fantastique
"J'aime le courage féminin, son ingéniosité à organiser une vie blessée." Chambre d'hôtel
".. j'ai peur des fous libres de nuire, des monologueurs qui parlent dans la rue sans nous voir, et des ivrognes violacés qui menacent le vide et vont en zig-zag..." La Lune de pluie
L’un des derniers écrits de Colette, une nouvelle sur des demi-mondaines pendant la Belle Epoque
"On meurt très rarement d'avoir perdu quelqu'un. Je crois qu'on meurt plus souvent de quelqu'un qu'on n'a pas eu."