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Quand les colombes disparurent

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Avis des lecteurs

 
3/5
Note moyenne obtenue sur :
Fnac Babelio Hachette.fr
dvan
3.48
17 Décembre 2016
Publié sur
: Roman ardu par sa construction (on se perd entre les différents protagonnistes) , auquel je n'ai pas du tout accroché et que j'ai sauvagement abandonné en cours de route. Ça doit être mon côté fémin.....
Eve025
3.48
05 Août 2016
Publié sur
Ce livre avait tout pour me plaire : la période historique (Seconde Guerre Mondiale), le cadre géographique originale (Estonie), une écrivain dont j'avais adoré le premier roman … Malheureusement ce m.....
july57
3.48
02 Mai 2016
Publié sur
Ce roman nous plonge l'Estonie occupée par les nazis en 1941 et se prolonge jusqu'en 1966 lorsque ce pays devient une république socialiste soviétique. Ce livre est axé autour de 3 personnages prin.....
victoire.n
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
La formulation choisie par Alexandre Soljénitsyne " La Roue Rouge " pour évoquer son œuvre fleuve de 7 tomes concernant l'histoire de la Russie puis de l'URSS s'adapte parfaitement à ce troisième roman de Sofi Oksanen. Premièrement parce qu'elle a consacré une conférence avec d'autres collègues écrivains et universitaires sur l'œuvre de l'écrivain russe récemment disparu. Deuxièmement parce que son roman au titre évocateur de " Quand les colombes disparurent " relate l'Histoire de l'Estonie et ses rapports conflictuels avec l'Allemagne Nazie puis l'Union Soviétique pendant la Guerre Froide. L'Estonie est prise en étau entre deux idéologies. Bien que englobée dans l'Union Soviétique après la Seconde Guerre Mondiale, elle n'a jamais cessé d'entretenir des relations "coupables " avec la Finlande et les deux autres voisins du Nord... " Quand les colombes disparurent " relate cette Histoire là au travers des figures emblématiques de la lutte acharnée contre la Nazisme puis contre les Russes. Le personnage de Roland Simmons illustre à merveille ce combat idéologique. Droit, intègre, méfiant et réaliste, il se lie avec la Finlande pour être formé par des techniques de renseignement et du combat afin de les appliquer dans son pays l'Estonie pour repousser l'ennemi qu'il soit Allemand ou Russe. La narration donne une place privilégiée à cet homme taciturne ainsi qu'à ces " frères de la forêt ". Dans une interview, Sofie Oksanen insiste sur le rôle de la forêt pour les résistants et maquisards. Elle les protège lors des invasions. Elle leur offre un abri contre les pièges des envahisseurs. Le lecteur entre aussi dans la vie intime et privée de Roland. Celui-ci voue un amour inconditionnel pour sa tendre Rosalie. Femme forte, intransigeante et empathique, elle défendra ses convictions et ses actes jusqu'au bout la poussant ainsi à devenir la victime sacrificielle d'Edgar Parts, le cousin de Roland : " Le cou de Rosalie était frêle comme un rameau d'aulne. Comme ceux dont elle aurait fagoté un balai, quelques mois plus tard, pour brosser les murs de l'étable avant le chaulage. Puis elle aurait préparé l'eau de chaux, transporté la cuve, empoigné la nouvelle brosse que Roland avait fabriquée au début du printemps avec du crin de cheval, et elle aurait conduit les murs vers la lumière, plus blancs, toujours plus blancs, vers la lumière, avec ces minces doigts fuselés que Roland avait tant aimés ". En effet, au fil des pages une figure centrale émerge : celle d'Edgar Parts. Dans ses entretiens enregistrés par Myboox, Sofi Oksanen revient souvent sur ce personnage. L'auteur s'est inspiré d'une figure historique. Il s'agit d'Edgar Meos, un mythomane, fabulateur et opportuniste. Il a collaboré avec l'Allemagne Nazie puis au moment de la défaite allemande, il a changé de camp et offre ses services à l'Union Soviétique. Le roman livre au lecteur les pensées secrètes de ce dernier. Sans tomber dans le manichéisme, Sofi Oksanen brosse un portrait complexe d'Edgar Parts et offre au public une personnalité labyrinthique faite de lâcheté et de compromis. La réussite de ce roman réside en partie dans la mise en évidence du caractère faible de ce personnage. Contrairement à Roland, à Rosalie ou encore à Juudit, Edgar est un être veule et faible mais qui a su se ménager une carrière et utiliser son intelligence stratégique pour " neutraliser " ses proches afin de préserver ses secrets. C'est en cela qu'il est dangereux. Cependant ce roman prend en compte aussi d'autres problématiques. Il montre les relations familiales compliquées, faites de trahisons et d'alliances en temps de guerre. Le regard de l'auteur est sans concession. Elle ne cherche aucune excuse aux femmes passives telles que la mère adoptive d'Edgar ou encore sa tante, promptes à pardonner toutes ses mesquineries. Edgar, chétif et maladif a toujours été dans les jupons de sa mère. Dans la tradition psychologique, il est considéré comme le fils préféré de la mère et de ce fait voué à être un faible et un mesquin. La place des colombes c'est-à-dire des figures de femmes fortes qui se débattent dans les tourments de la guerre n'est pas de reste. En effet, Rosalie, Juudit ainsi que plus tard Evelyn sont des femmes fortes et droites. Elles essaient tant bien que mal de s'insérer dans cette société assez traditionnelle qui veut à tout prix contrôler leur corps. Ainsi, Juudit est rejetée par tous même par Roland pour avoir eu une relation coupable avec un officier allemand. Comme la terre appartenant aux familles, la femme et son corps passent du contrôle du père à la possession du mari et de la famille de celui-ci. Juudit échappe à la règle. Elle va tout au long du roman assumer cette " faute ". Elle sera la dernière colombe à être sacrifiée... En conclusion, le lecteur retrouve ici une structure narrative qui lui est familière depuis " Purge " : le saut dans le temps, les retours en arrière pour expliquer le temps présent et l'introspection des protagonistes. L'écriture de Sofi Oksanen est cérébrale. La compassion pour les personnages (et notamment pour Juudit) réside dans leur tentative à rester humains face à la violence. Ce roman utilise un mécanisme nouveau : la mise en abyme. En effet, le lecteur assiste à l'écriture d'un roman dans le roman. Il s'agit du texte d'Edgar Parts. A l'heure de la dénazification, l'Union Soviétique l'ordonne d'écrire un ouvrage sur les crimes du nazisme et la traque des criminels nazis par les Russes. L'objectif réel de cet ouvrage est la glorification de l'Union Soviétique et la propagande du régime soviétique face au monde. L'enjeu est toujours celui de la Guerre Froide. Sofi Oksanen démontre au travers de l'écrit d'Edgar la confiscation des mots par des régimes totalitaires. Edgar n'écrit pas la vérité, il la masque au nom d'une idéologie. De ce fait, son étude n'est que mensonge. Comme l'auteur le dit elle même " Le roman traite d'une époque où la langue sombrait dans l'obscurité ". Avec ce roman, l'auteur accomplit sa mission d'écrivain et d'historienne. Elle fait découvrir l'histoire de son pays, l'Estonie. " Quand les colombes disparurent " va aussi comme " Purge " devenir une pièce de théâtre qui va être jouée dans les pays nordiques. Je remercie Myboox et son équipe de m'avoir fait découvrir ce chef-d'œuvre d'un écrivain de renom. Je plaide pour sa lecture. Je le recommande à tous les lecteurs et lectrices. Je les suggère de lire aussi son œuvre " Purge " ainsi que l'auteur norvégien Roy Jacobsen " Les Bûcherons " pour découvrir l'Histoire des pays de l'Europe du Nord pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Lulamae.B
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
La semaine dernière je trouvais avec joie dans ma boîte aux lettres le dernier roman de Sofi Oksanen gagné sur l'appel aux lecteurs de MyBoox. Concernant Sofi Oksanen je dois avouer que je ne la connaissais pas du tout, n'en avais même jamais entendu parler. A celles et ceux qui seraient dans cette situation, je vous retranscrit le petit paragraphe qui lui est consacré en quatrième de couverture : Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977, d'une mère estonienne et d'un père finlandais. Elle est devenue en trois romans et quelques pièces de théâtre une figure incontournable de la scène littéraire finlandaise. Purge a marqué la consécration de l'auteur, qui a reçu en 2010 plusieurs prix littéraires en France dont le Fémina étranger. J'ai beau m'être lancée dans ce livre comme dans le premier train qui passe, il s'est quand même trouvé que la toile de fond était pratiquement la même que dans Eichmann à Jérusalem : le régime nazi du troisième reich. Ce thème, lié à celui du communisme, atteint dans le roman une portée hautement tragique qui confine au théâtral dans une Estonie malmenée par les aléas de l'histoire. Le théâtre change de décor, tour à tour communiste puis allemand, puis de nouveau communiste pour épouser les exigences de la nation ou de l'idéologie conquérante du moment. Dans ce théâtre, des personnages dépassés par le poids de l'histoire qui se fait cherchent leur chemin et prennent des voies qui les séparent. Quittant le calme labeur de la vie à la campagne chacun choisit sa voie. Roland refusait la mainmise des communistes, il refuse aussi celle des Allemands sur le pays. Son cousin lui, est un arriviste. Edgar veut réussir, quel que soit son maître, quelles que soient les postures qu'il doit adopter. La fin justifie les moyens. (Ce personnage serait d'ailleurs directement inspiré d'Edgar Meos dont vous trouverez la brève histoire ici). Juudit, la femme d'Edgar tombe amoureuse d'un allemand et veut croire que la vie continuera toujours avec ses privilèges, que l'Allemagne ne sera jamais vaincue... C'est une rhétorique poignante que l'on trouve dans ce roman. Celle qui nous parle des décisions d'une vie. De ces choix faits plus ou moins volontairement et que l'on porte ensuite au fond de soi jusqu'à la fin, comme on porte le souvenir des choses et des êtres qui ne sont plus dans un pays en guerre, que communistes et nazis s'octroient. Le joug moral s'ajoute au joug des régimes qui se succèdent. Fallait-il collaborer pour s'assurer une existence confortable ou fallait-il se révolter, au risque de tout perdre, jusqu'à la vie ? L'écriture est aride, un peu comme chez Kundera. L'écriture grise et triste qui convient aux rigueurs de la guerre et du communisme. Une écriture parfois opaque, qui ne se laisse pas déchiffrer avec toutes ses références en allemand, ses transitions mal négociées et son labyrinthe des relations familiales. Pour ma part j'ai eu beaucoup de mal au départ à suivre cette narration un peu fragmentaire et rêche. J'ai mis du temps avant d'accrocher à l'intrigue mais je ne regrette pas d'avoir persévéré. Pour l'éclairage qu'il nous apporte sur cette période et sur l'Estonie, que nous connaissons si peu, ce roman est à lire.
christelle.s
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
Après "les vaches de Staline" et "Purge"(mon prèféré) avec " quand les colombes disparurent" Sofi Oksanen nous éclaire un peu plus sur les 50 ans d'occupation qu'à subit l'Estonie entre 1941 et 1966;L'histoire des deux cousins Roland(résistant) et Edgar(le traitre),de Rosalie amour de Roland et de Juuditt,femme d'Edgar qui rêve de veuvage seule moyen pour elle de retrouver sa liberté;le destin familiale et l'histoire de ce pays autant maltraité l'un que l'autre. Ce roman a été pour moi assez difficile à lire,le nazisme n'étant pas ma passion mais plutôt ma désolation,j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire mais les personnages fort attachant(comme dans chacun de ses romans)m'ont aidé à avancer dans ma lecture; Je le conseil à tous les férus d'histoire et pour ceux qui préfère les sagas familiales et leurs secrets ,je conseillerais "Purge" qui m'avait vraiment bouleversé tout au long de ma lecture et qui restera mon prèfèré des trois romans de Sofia Oksanen Merci encore à MYBoox et aux éditions Stock qui m'ont permis de lire ce beau roman <3<3
Françoise..
4/5
03 Avril 2015
Publié sur
A travers son troisième opus, la finlandaise Sofi Oksanen nous fait revivre l'une des périodes sombres de ce petit Etat balte qu'est l'Estonie. Si l'Estonie jouit désormais de son indépendance depuis le 20 août 1991 et est devenue membre de l'Union Européenne le 1er mai 2004, il fut une époque où les régimes russes et allemands se sont rapidement succédés forçant les citoyens à émigrer, à être déportés en Sibérie ou à devoir s'adapter au régime en place comme dans de nombreux pays d'Europe à l'époque. Et c'est ce que Sofi Oksanen nous fait revivre à travers son livre. Deux cousins, Roland et Edgar, revenant d'une instruction en Finlande vont rejoindre l'Estonie afin de lutter contre l'occupant russe. Peu de temps après leur retour les bolcheviks, poursuivit par les troupes finlandaises et allemandes, battent en retraite mais sont vite remplacés par l'Allemagne d'Hitler. Roland et Edgar vont alors voir leurs routes se séparer. Roland le plus combatif se battra pour une Estonie indépendante, et son cousin, Edgar retournera sa veste au gré des changements de régime. Travaillant pour les services secrets allemands sous l'occupation, il deviendra écrivain autorisé sous la domination russe, lorsque la Russie soviétique reprendra les rênes du pays en 1944. Il est difficile de résumer brièvement cet ouvrage tant les détails abondent. Véritable témoin d'une époque, ce troisième roman de Sofi Oksanen ne se veut pas donneur de leçon. Mais il nous fait revivre la vie de 3 Estoniens, à travers différentes époques. Il nous fait découvrir aussi ces " Frères de la forêt ", organisation alliant des Estoniens ayant soif d'indépendance et visant à lutter contre le pouvoir soviétique. Allant des années 40 sous l'occupation allemande aux années 60 sous le régime russe, nous allons découvrir tour à tour Roland, Edgar mais aussi Juudit (l'épouse d'Edgar) dont le mariage est quasi inexistant. Celle-ci tombera d'ailleurs éperdument amoureuse d'un officier allemand, le SS-Hauptsturmführer Hellmut Hertz. Un roman fort, extrêmement bien documenté, fouillé, puisque l'auteur se basera notamment sur le personnage d'Edgar Meos qui, à l'époque, écrivait l'histoire officielle de l'Estonie selon les préceptes dictés par le KGB, (retrouvez d'ailleurs les informations données à ce sujet lors d'une interview accordée par l'auteur à MyBoox en suivant ce lien http://www.myboox.fr/video/sofi-oksanen-edgar-meos-histoire-d-un-mythomane-dans-l-estonie-sovietique-i-23693.html ). On sent l'attachement de l'auteur pour ses personnages, et plus spécialement pour celui de Juudit, mais aussi pour ce pays qui est le pays d'origine de sa maman. " Quand les colombes disparurent " est également un roman dense dans lequel l'on peut parfois se sentir perdu tant sa construction est complexe. Mais ceci n'enlève rien à son intérêt loin de là. Sofi Oksanen a sans conteste un talent d'écrivain et je ne m'arrêterai certainement pas à cette lecture. " Quand les colombes disparurent " étant mon premier roman de l'auteur, je vais d'ici peu me plonger dans ses deux premiers ouvrages dont le célèbre " Purge " qu'il ne faut désormais plus présenter. Une lecture à recommander donc pour les amateurs d'Histoire du 20ème siècle.
abigail.A
4/5
03 Avril 2015
Publié sur
Sofi oksanen, jeune et pourtant confirmée écrivaine finlandaise, livre un roman complexe, captivant et brillant. Il est trés vite indéniable qu'il y a dans ce roman une matière historique travaillée, plutôt voire totalement méconnue, traitée comme toile de fonds mais aussi prétexte et fil conducteur. Ce décor historique est celui d'un pays balte, l'Estonie, tour à tour enjeu territorial pour les Soviétiques, puis les nazis, avant de tomber à nouveau sous le joug Russe. Ce dernier, qui signifie être aussi sous la coupe d'un régime soviétique totalitaire, aussi absurde que brutal se voit si durement ressenti par le peuple estonien que l'arrivée des Allemands devient Libération. Ces allemands, à leur tour, représentants du IIIième Reich perçoivent l'Estonie comme un moyen de garantir leur besoin en expansion territoriale. Au milieu de tout cela, il existe des résistants. Ceux-ci ont trouvé dans la forêt un refuge qui les fait appeler "Frères de la forêt". Cette Nature intacte, au sein de laquelle seuls ces mutins savent s'orienter, devient un symbole de la terre d'Estonie, de son identité. Toute cette toile de fonds de l'Histoire amène à évoquer celui qui peut paraître comme un second fil conducteur. C'est Edgar parts. Il semble que pour lui donner corps, Sofi Oksanen se soit inspirée d'un personnage réel, Edgar Méos. Celui-ci, admirateur inconditionnel de l'Union Soviétique, s'est mis à son service pour rédiger une "Histoire Officielle" de l'Estonie; usurpateur patenté, il cherchait à convaincre son prochain de ses talents d'aviateur qui n'avaient cours que dans ses fantasmes. Lorsqu'il est question d'Edgar Parts, la plume d'Oksanen est réjouissante. Pour le lecteur voilà un "salaud" délicieux! De ceux que la littérature retient et se plaît à nous offrir. Tour à tour "Frère de la forêt" aux côtés du résistant Roland, puis serviteur zélé du Reich et enfin rouage de la bureaucratie soviétique, Edgar mange à tous les râteliers et en particulier à celui qui pourrait lui offrir ce tremplin vers une gloire et une reconnaissance dont il rêve. Enragé, frustré, il apparaît au lecteur tel un roquet affamé devant une table bien garnie. Sa séance d'entraînement solitaire au salut nazi est un moment d'anthologie! Émaillant le roman le lecteur a aussi le bénéfice de la production littéraire de commande d'Edgar Parts. Le balancier entre les années 40 et 60, période Allemande, période Soviétique s'accélère et se resserre au fur et à mesure des révélations attendues. Ceci crée une tension, une alerte qui tient le lecteur. Ainsi Juudit, la touchante Juudit, épouse malheureuse d'Edgar, tombe naïvement amoureuse d'Helmut le SS,seul être dans tout le roman à faire preuve d'attachement et de sincérité à son égard. Juudit, affamée, apeuré qui voit en Helmut salut et sécurité. Juudit que Roland, le résistant, utilise au service da sa cause et abandonne au paroxysme de la menace. Juudit image d'une innocence perdue, qu'Edgar finira par retrouver et sacrifier. Car Edgar ne souffre pas cette épouse. la raison nous vient de la révélation finale par Rosalie, autre personnage féminin, beau, lumineux par sa fidélité et sa droiture. Le roman s'ouvre sur une séquence autour de sa tombe et se referme sur l'évocation de son meurtre par Edgar. Les colombes disparues ce pourraient être les Juudit, les Rosalie, belle figure éphémère. Il est à évoquer Roland, le Résistant, que le service de sa cause rend ambigu. Il représente cette pureté dangereuse de qui est convaincu de la justesse de sa cause, à l'intégrité contestable et nécessaire. C'est aussi le pendant d'Edgar comme deux revers possibles d'une même médaille. Cette façon de traiter les faits avec puissance et complexité est la force majeure ce cette plume tonique, à l'empathie rude, acérée. Sous la tutelle d'Edgar, cet Edgar qui parvient à ses fins, à l'attente d'une gloire littéraire possible, celui qui quel qu'en soit le prix, gagne toujours à la fin.
Audrey.T
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
C'est ce que se dit Edgar à la fin du livre... C'est aussi ce qu'on ressent en tournant la dernière page : on découvre les personnages Roland, Rosalie, Judiit et Edgar en début de roman et on suit les parcours de chacun, en lien avec une Histoire qui pour ma part était inconnue. Chaque personnage est bien étudié, toute une palette de personnalités est présente et décrite avec finesse et justesse. L'écriture n'est pas toujours simple mais on se laisse très rapidement porter par les événements... Un auteur à découvrir...
Charlotte.S
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
Après Les vaches de Staline et Purge, Sofi Oksanen revisite une fois encore Histoire de l'Estonie et âme humaine. Comme il fallait s'y attendre, la plus gothique des auteurs scandinaves signe un nouveau roman des plus sombres. Dans ce nouvel opus, celle qui reçut en 2010 pas moins que le Prix Femina étranger, le Prix du livre européen et celui du roman Fnac retrace l'occupation tour à tour bolchévique, nazie puis soviétique de ce petit pays balte n'ayant obtenu son indépendance qu'en 1991, que nul ne peut désormais ignorer. La narration oscille entre trois personnages pris en otages par les tyrannies successives. Il y a tout d'abord Edgar, opportuniste lâche et ambitieux prêt à tous les compromissions, impostures, contrevérités et autres manoeuvres sordides pour sauver sa peau et satisfaire ses rêves de gloire. Retournant sa veste au gré des changements de pouvoirs et se mentant avant tout à lui-même en voulant falsifier l'histoire, il est directement inspiré d'Edgar Meos, fabulateur faussaire à la solde des Allemands puis payé par le KGB pour écrire des annales estoniennes partisanes. Il y a ensuite Roland, cousin d'Edgar, inconditionnel amoureux de son pays et farouche partisan de l'indépendance, qui résiste héroïquement aux envahisseurs quels qu'ils soient et prend tous les risques par intégrité et humanisme. Et puis il y a Juudit, épouse délaissée d'Edgar et maîtresse d'un officier allemand, qui joue sur tous les tableaux au gré de son coeur un peu, son confort surtout et nourrit avant tout des rêves de fuite. Un trio d'un réalisme psychologique saisissant malgré des positionnements un brin caricaturaux quand la nuance entre bourreaux et victimes est bien souvent plus que ténue. Pourtant, rien de simpliste dans l'approche de Sofi Oksanen qui, au travers d'une trinité représentative, touche aux questionnements universels soulevés par un tel contexte : ceux de l'action ou de la passivité, de la trahison (des autres et de soi-même), de la culpabilité, et caetera. Mais comment savoir et surtout comment juger quand il s'agit de sauver des vies à commencer par sa propre peau et que les ennemis du jour sont les amis du lendemain et réciproquement ? Entre fiction et réalité, le récit fouille... (la suite sur http://gwordia.hautetfort.com/archive/2013/06/27/quand-les-colombes-disparurent-de-sofi-oksanen.html)
sylvie.g
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
Ayant eu l'opprtunité de lire un livre de Sofi Oksanen par le biais de l'appel aux lecteurs de MYBOOX , cela m'a permis de découvrir cette auteure. Il est dit en 4éme de couverture que c'est un pur chef-d'oeuvre et cela n'engage que celui qui l'écrit ; non ,je ne dirais pas que c'est un chef-d'oeuvre mais plûtot un récit qui marque profondément. 2 cousins Edgard et Roland choississent des chemins differents pendant l'occupation de leur pays l'Estonie . Occupation russe , puis Allemande pendant la guerre et à nouveau russe . Il y a aussi Juudith la femme d'Edgar , au destin complexe , qui aurait pu etre heureux mais qui sera finalement abominable . Roland reste "pur" ,résiste à toute occupation , tandis d'edgard traitre sans scrupule à son pays louvoie pendant plus de 20 ans entre collaboration russe , allemande puis russe , un vrai serpent des plus patient et des plus dangereux . le roman est surtout focalisé sur Edgard , vraiment trés antipathique et sur Juudtih , avec laquelle il n'est marié que par convenance . dans les dernières pages ont comprends beaucoup de choses cachées et la fin est amère . une histoire terrible , qui révèle beaucoup sur les comportements humains ....
Sandrine VEFGEON
2/5
03 Avril 2015
Publié sur
J'ai découvert l'auteur en lisant Purge son premier roman publié en France, que j'avais beaucoup aimé même si la fin m'avait un peu déçue. J'ai donc récidivé avec Les vaches de Staline que j'ai pas terminé tant l'histoire ne me plaisait pas. Postuler pour cet appel aux lecteurs dédié au dernier roman de Sofi Oksanen était pour moi l'occasion de fixer définitivement mon avis sur cet auteur et malheureusement le résultat n'est pas positif. Je n'ai pas accroché à l'histoire qui est divisée en deux périodes, alternant entre des parties sur les années 1941-1944 et d'autres sur les années 1963-1965 et à l'intérieur des chapitres consacrés aux différents personnages que sont Juudit, Roland et Edgar. Très peu de dialogues mais plutôt de longs passages descriptifs, une histoire complexe dans laquelle je n'ai pas réussi à entrer pleinement, ont fait de cette lecture un moment fort peu agréable. Les personnages sont trop peu décrits pour qu'on s'y attache et du coup je n'ai ressenti aucune émotion durant cette lecture et suis restée complètement en dehors, chose que je déteste royalement. Cela étant, ce roman est rudement bien écrit, très travaillé au niveau historique et permet de connaître des éléments d'une histoire méconnue, celle d'un tout petit pays qui a dû subir tout à tour l'occupation des allemands puis des communistes. Bref, c'est une lecture que je suis ravie d'avoir faite jusqu'au bout mais qui m'a pas emballée.
catherine.a
4/5
03 Avril 2015
Publié sur
Nous sommes en Estonie, ce pays balte, au Nord de l'Europe. J'avais découvert l'histoire mouvementée de ce pays avec l'un des précédents livres de cette auteure, Purge. Le titre de ce précédent livre présageait déjà d'une histoire mouvementée. Ce pays a en effet subi depuis la seconde guerre mondiale, deux occupations, celle de l'armée nazie allemande et celle de l'armé soviétique, avant d'accéder à son indépendance. Nous avions dans le roman Purge, le point vue féminin de cette histoire et nous étions dans une sorte de huis clos, j'ai le souvenir d'enfermement et de nombreuses scènes dans une cuisine obscure dans une ferme isolée. La parole était donnée à une femme. Cette fois-ci le personnage principal est un homme et nous allons suivre sa vie pendant les années 43 et 63. Les deux périodes des occupations. En 1963, il est embauché par le Bureau et est chargé d'écrire des textes sur la période de 1943, textes inspirés par des archives, des témoignages ou par son imagination. Nous allons croiser alors une famille de la campagne, dont les membres vont vivre de façon différente les aléas de la Guerre. Sofi Oksanen nous donne encore très bien les impressions de ces périodes et fait des portraits de personnages touchants, dans lesquels nous comprenons les difficultés des individus de faire des choix face à l'Histoire. J'avais été plus impressionnée par " Purge " et le climat plus intime que j'avais ressenti à la lecture. Cette fois-ci, en voulant faire plus ample, j'ai été quelquefois perdu dans les pages et les personnages. Bien sûr, elle nous décrit un personnage mythomane et l'histoire de ce pays est aussi un sujet foisonnant : Comment de simples individus peuvent-ils survivre après deux occupations étrangères ? Quels choix peuvent-ils être faits, quand le quotidien est si difficile et que quelques sentiments amoureux peuvent aussi survenir ? Merci à Myboox de m'avoir permis de lire ce livre.
Dorothée.B
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
Cette lecture ma fait découvrir un pays et une partie sombre de son histoire;l'occupation communiste,Deuxième Guerre Mondiale.Sous le vécu des 3 personnages principaux.
sophie.m
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
Trois personnages sont ballotés par l'histoire de l'Estonie entre 1941 et 1965, deux cousins et la femme de l'un d'eux. C'est le troisième volume de l'ensemble romanesque que Sofi Oksanen a consacré à ce pays. Est-ce pour cela que j'ai l'impression qu'elle s'essouffle ? Je me suis ennuyée en suivant cette histoire dont les personnages ne m'ont pas accroché. Pas d'empathie, pas d'envie particulière à la lecture qu'il leur arrive telle chose plutôt qu'une autre... Alors que j'avais un tel souvenir de "Purge" et de "Les vaches de Staline", je pense avoir mis trop d'espérances dans ce roman ! Dommage...