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A propos des chefs-d'oeuvre

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Delphine129
3.25
23 Avril 2015
Publié sur
Dans ce live passionnant, j'ai passé mon temps à … écrire. J'ai pris des notes à toutes les pages, soulignant les pensées toujours inattendues de Dantzig (ah, le chapitre sur "Les Enfants terrible" de.....
Nat75
3.25
02 Avril 2015
Publié sur
Dans ce premier livre sur le chef-d'oeuvre en littérature, j'ai appris quantité de choses. Par exemple le fait que la première bibliothèque publique il est été dans l'Antiquité pour recueillir l'Iliade.....
Kantoken
3.25
24 Juillet 2013
Publié sur
Globalement déplorable
Babeth1
5
Publié sur
Cet écrivain est un passionné. Et ça se voit. Bon, on peut ne pas être d'accord avec ce qu'il dit sur Céline, mais c'est argumenté et ça ne manque pas d'humour. Je recommande ce livre à tous les lecteurs amoureux des grands auteurs...
2
Publié sur
2
Publié sur

Avis des lecteurs

 
3/5
Note moyenne obtenue sur :
Fnac Babelio Hachette.fr
Portrait de Anonyme
Anonyme
3/5
22 Décembre 2021
Publié sur
"Quel ennui serait la vie sans chefs-d'oeuvre. Seuls la plupart des hommes pourraient y vivre." Charles Dantzig est un auteur qui aime écrire sur la lecture. Une très bonne habitude, ma foi. Foi de lecteur, cela va de soi. Auteur talentueux du "Dictionnaire égoïste de la littérature française", de "l'Encyclopédie capricieuse du tout et du rien" et du (très plébiscité) "Pourquoi lire ?" Auteur un peu cabot (m'as-tu vu bon chic, bon genre ?), une sorte de Jean d'Ormesson du futur. C'est aussi un amoureux de Rémy de Gourmont, chef de file de l'école symboliste, fondateur du Mercure de France, un auteur mordant et irrespectueux, un auteur d'audacieux chefs-d'oeuvre ("Le joujou patriotisme" ou "Sixtine"), un auteur oublié dans les fosses "sceptiques" de l'autorisée doxa bien pensante, un auteur abandonné dans les caves poussièreuses des librairies aseptisées. Bon ça c'était l'encart publicitaire pour un auteur que j'adore. Ma propagande. Ma campagne. Ma bataille. Dantzig, donc, nous parle ici, des chefs-d'oeuvre. C'est quoi un chef-d'oeuvre ? Rassurez-vous, cher curieux lecteur impatient, vous ne le saurez pas à la fin de votre lecture, peut-être un peu plus, peut-être un peu moins et c'est tant mieux. Un chef-d'oeuvre restera toujours un mystère inexpliqué, inexplicable. Charles Dantzig, au fil des pages, nous livre "ses" chefs-d'oeuvre. "A la recherche du temps perdu" de Proust, "Les chants de Maldoror" de Lautréamont, "Le Rouge et le Noir" de Stendhal, "Méandres" de Léon-Paul Fargue...entre nombreux autres plus ou moins connus, reconnus. A chacun "ses" chefs-d'oeuvre. Et puis qui, oui qui, "décide" de l'appellation (contrôlée ? incontrôlée ? ) du chef-d'oeuvre ? L'Université ? La critique ? L'Histoire ? Les lecteurs ? Les chiffres de vente ? Un anonyme "consensus omnium" conspirateur et manipulateur ? Au-delà d'une verbigération parfois nébuleuse, cet essai nous pousse dans les douces orties impénétrables de la littérature. Charles Dantzig (avec nous) cherche les critères du chef-d'oeuvre. Une rupture de la médiocrité ? Un fracas ? Un pamphlet contre le morne ? Contre la norme ? Un abandon ? De l'inimaginable ? Un morceau de présent immortel ? Eternisé ? Une illusion ? Un enjeu économique ? Un jugement de valeur ? Un sceau subjectif abusivement, définitivement imposé, pour le meilleur, pour le pire... Dantzig discourt (bavarde, chahute) sur la littérature. La littérature n'explique pas, ne démontre pas, n'aide pas à vivre. Elle montre. C'est tout ! La philosophie enseigne (moralise et vend), la publicité vend (et moralise), la religion moralise (et vend). La littérature (nous) livre. La littérature (nous) délivre. C'est beaucoup ! Finissons-en avec cette tentative de définition du chef-d'oeuvre d'après Dantzig. "Chef-d'oeuvre : n.m.. Le chef-d'oeuvre littéraire est un livre exceptionnel qui crée son propre critère et que l'on ne peut estimer que selon lui. Expression la plus audacieuse d'une personnalité, chaque chef-d'oeuvre est unique. Il n'y a pas de sujet au chef-d'oeuvre que la forme même de ce chef-d'oeuvre. Le chef-d'oeuvre est la création la plus exaltante de l'humanité. On peut remplacer ce mot par "grande oeuvre". Le Littré écrivait "Oeuvre parfaite et très belle en son genre". Le Robert 2013 écrit "Oeuvre très remarquable, parfaite." Le Dictionnaire de l'Académie propose "Œuvre d'art, littéraire ou non, qui touche à la perfection." Nobody is perfect, non ? "Un chef-d'œuvre existe une fois pour toutes." nous dit Hugo. Une fois pour tous...les lecteurs ? Hemingway s'amuse à déclarer qu'un "chef-d'œuvre est un livre dont tout le monde parle et que personne ne lit." Bien dit. En tant qu'ancien "compagnon" du Devoir (ben oui, j'ai fait ça, un temps, avant les devoirs du tableau noir), j'apprécie (avec liesse) cette définition du compagnonnage. Avant de devenir "compagnon", il faut commencer par être apprenti, puis aspirant. Un compagnon est un aspirant qui a réalisé son travail de réception, et achevé son Tour de France. Par le "chef-d'œuvre de réception", il démontre ses capacités professionnelles, et l'accomplissement de sa formation. Il doit s'agir d'une prouesse technique de plusieurs centaines d'heures de travail, selon le corps de métier concerné. Être compagnon, c'est mériter un titre et la reconnaissance de ses pairs. Cela suppose d'abord d'être un ouvrier compétent dans son métier. Le candidat doit donc le prouver en fabriquant un chef-d'œuvre ou travail de réception. Et puis, il existe aussi des chefs-d'œuvre confectionnés par des compagnons pour le seul plaisir de vaincre les difficultés, en guise de passe-temps. Il y aurait donc des écrivains "apprentis-écrivains", des écrivains "aspirants-écrivains" et des "écrivains-compagnons". Alors Balzac et Baudelaire, compagnons du Devoir de la littérature, de simples ouvriers de la littérature, nos compagnons ? Le mot chef-d'oeuvre apparaît au XIIIe siècle dans le langage des métiers et des corporations. Il désigne un objet difficile à réaliser qu'un compagnon artisan doit produire pour être reçu compagnon. Reçu dans la cour des Grands. Il y aurait donc de grands écrivains, de très grands écrivains, des géants, des écrivains moyens, des petits écrivains, des petits petits, tout petits écrivains. Question de vision. Il y aurait peut-être des lecteurs visionnaires, d'autres aveugles. Question de points de vue. L'étymologie ça peut servir. Le mot "chef" vient de "caput" qui signifie "tête". Un chef-d'oeuvre serait donc une oeuvre en tête. En tête de quoi ? En tête de gondole ? En tête du Top 20 ? L'oeuvre d'un écrivain qui aurait la grosse tête ? Une oeuvre qui tient tête ? Une voix de tête ? Un tête couronnée par la critique autoproclamée ? Un pavillon à tête de vie ? Ben nous voilà bien avancés... Lecteurs, nous sommes les sentinelles du chef-d'oeuvre, des veilleurs (de nuit, souvent)...au chevet de la littérature... Alors, c'est quoi un chef-d'oeuvre ? Hein, c'est quoi ? Dites-moi tout, rassurez-moi, éclairez ma lanterne, cher compagnon lecteur... Hein, c'est quoi un chef-d'oeuvre ? "Un chef-d'oeuvre fait mieux que rajeunir qui le lit, il lui donne, un instant, l'immortalité."
Portrait de Anonyme
Anonyme
4/5
23 Décembre 2021
Publié sur
Tout au long de cet essai, Charles Dantzig présente les deux joues, l'une pour l'embrasser, l'autre pour le gifler. Hommage et plumage, admiration et agacement, adret et ubac ! A dextre, j'ai retrouvé le lecteur exceptionnel, l'essayiste doué du Dictionnaire égoïste... et de Pourquoi lire ? Il cerne brillamment l'idée de chef-d'œuvre (entreprise qui semble inédite) qui, calque de l'excellence artisanale d'origine médiévale, fait son apparition dans la littérature au XVIIIe siècle. Je me retrouve entièrement dans ses attendus ; celui-ci, le plus définitif il me semble : "Les auteurs des chefs-d'œuvre narguent [les] divinités inexistantes, par leurs livres qui donnent l'impression du divin. Qui sait s'ils ne sont pas ce qui s'en approche le plus et, peut-être, nous en approche le plus." Fermez les guillemets et le ban, tout est dit... L'art (l'art littéraire) est beauté, le chef d'œuvre est son acmé. D'autres éclairages, dans le désordre : - Le fabrique-t-on ? Certainement pas ! - Est-il universel ? Non, il est ! - Dépend-il de la postérité ? Non, il s'impose d'entrée... "aux rares connaisseurs" précise l'auteur qui se range parmi eux - j'y reviendrai. Ajoutant qu'il donne, une fois là - comme un prodige apparu, une sensation d'immortalité. - Est-il nécessairement connu (largement connu) ? Assurément pas, "surtout pas" précise Dantzig qui se garde de la foule (trop ?) ; le chef- d'œuvre tient à une poignée de lecteurs avisés (auteurs, universitaires, critique, rares amateurs). Il devient populaire quand, pour diverses raisons, ça finit par se savoir. Son cercle de lecteurs s'élargit alors, pas tant que ne le laisserait supposer sa notoriété. Celle-ci tient moins à la lecture qu'à une anecdote (la madeleine de Proust...), qu'à un caractère (Rastignac, la Bovary...). - Chef d'œuvre et ouvrage classique, est-ce la même idée ? Non, l'un est vivant, l'autre est monument voire ruines (je pense : Bossuet !). Le chef-d'œuvre n'est pas la perfection, "la perfection tue [...] La seule perfection, c'est la mort." - Comme Dieu (ou Diable), le chef d'œuvre est dans les détails. - Etc (près de quatre vingt entrées). A senestre (côté gifles), cet essai est d'une arrogance rare ; faisant constamment la différence entre les rossignols et les bœufs... Il est rossignol, nous sommes bœufs, voire porcs (le coup de la confiture !) Plus les livres élus par Sa Suffisance sont inconnus du peuple des lecteurs, mieux ils illustrent sa pensée. A peine évoque-t-il Flaubert (trop fabricant), Stendhal si, Balzac si (quand même), Zola du bout des lèvres, Camus jamais (il hait Céline mais ça il a le droit !), Renard aux oubliettes, la Bruyère "bullshit", Molière bon pour le théâtre, etc. Un rien lassante, cette provocante aristocratie : depuis "Chateaubriand ou rien", le monde a bougé ! Pas toujours dans le bon sens, je l'accorde volontiers. Mais enfin, un peu d'humilité aère la tête ; à trop piétiner les passions humaines, on perd de vue la réalité : " Que serait la vie sans chefs-d'œuvre [adret]. Seuls la plupart des hommes pourraient y vivre [ubac]. " ! Le réel, voilà sa haine. Il lui est insupportable que la littérature se frotte au réel ; raconter une histoire donc un enchaînement de faits - peu importe qu'ils soient imagination ou expérience, est indigne de l'artiste. Seuls comptent la forme (il est poète) et le sens caché. Que le rossignol pique délicatement du bec et honore de sa pensée, que le bœuf broute et engloutit dans sa grosse panse. Sa vision du monde l'amène à regretter que la littérature s'écrive avec les mots du tout-venant, il rêve à une littérature de nuage qui n'ait aucun compte à rendre à l'agitation d'en-bas. C'est un singulier renversement si l'on croit à l'inverse que le génie de la littérature tient à l'élévation de la langue. Au fond, Dantzig complète le tracé de l'axe qui traverse l'espace littéraire : d'un côté (la mauvaise littérature - je suis d'accord), des histoires sans style sans écriture sans création, les arlequins du livre - habits de lumière et vide sidéral ; à l'autre extrémité, seul face à la marée qui monte, Dantzig et l'art pour l'art. Au milieu je suis, n'appréciant jamais mieux l'art que dans sa sublimation du réel (Cézanne et les pommes).
Portrait de Anonyme
Anonyme
4/5
23 Décembre 2021
Publié sur
Décidément je préfère le Charles Dantzig essayiste que le Charles Dantzig romancier. Après un savoureux "Pourquoi lire", et un indigeste "Dans un avion pour Caracas", je me lance dans le dernier ouvrage de cet auteur/lecteur de génie quand il s'interroge sur la littérature et qu'il nous entraine dans son sillage. Oh comme toujours son érudition étalée confine parfois à la suffisance. Mais bien souvent, elle ouvre des portes et nous ouvre vers de nouveaux horizons littéraires. À lire donc.