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Oui, je vous écoute, oui... Et finalement, non ! Cette volte-face coupe en deux le dialogue. C'est une sorte de gifle, dont le chevalier thessalien. Ménon, frappe Socrate. Elle annule presque le dialogue amorcé. En Sicile, Platon amorça plusieurs fois un dialogue, vécu et non écrit, avec le tyran Denys, dans l'espoir de fonder une cité de paix, mais en terre vierge, loin d'Athènes. En vain, comme ici. Alors, Platon écrit, pour les lointains, pour nous, derrière sa Ville. Pour elle, c'est-à-dire finalement contre elle, d'abord, cette cité bavarde et prétentieuse, cette Athènes que Socrate, son maître, n'a pas quittée, quand il pouvait encore échapper à la mort : il boirait la ciguë lorsque le gréement du vaisseau mystique d'Apollon à Délos se découperait sur l'horizon. Socrate a dit oui à la mort. La mort ? - Finalement, non, redit Platon. Elle est la vie, ouvrant nos yeux sur les constellations que l'étrange Tirésias déchiffre avec bonheur, tranquillement assis aux Enfers - telle est la dernière image du Ménon. Le chevalier Ménon croit vivre, lui. Il vise l'excellence, mais à la façon du tyran. Socrate lui fait alors donner deux leçons : par un esclave, ô honte, une leçon de soumission au vrai, soumission qui est l'avenue royale de l'excellence ; en sens contraire, une leçon d'orgueil : un démocrate et un parvenu, Anytos, idolâtre, ô surprise, les grands hommes d'Athènes, oublieux qu'il est de la mémoire de soi, secret divin de l'excellence. C'est cet Anytos qui obtiendra la condamnation de Socrate. Le Ménon est un rude exercice de patience intérieure. On n'y parle point directement du Bien, de la Justice. C'est que la résistance d'Athènes à la philosophie incite Platon à lui désigner encore le soleil, mais comme à travers un vitrage dépoli.

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Avis des lecteurs
Publié sur
10/02/26
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Dans ce dialogue, il est question de la vertu.

Qu'est-ce que la vertu ? Demande Ménon.

Socrate, comme d'h...
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Coco56000
Publié sur
25/02/25
Ce dialogue est à mes yeux, l'un des plus lapides de Platon. Les choses y sont exposées simplement et logiquement (même si tous ses dialogues doivent suivre une forme logique).

C'est vraiment un dial...
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LPC2
Publié sur
25/02/25
Encore une fois avec Platon et Socrate, le dialogue est passionnant, envoûtant, même si aucune réponse finale n'est réellement trouvée, la méthode socratique est développée, la reminescence de l'âme é...
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Mathis83000
Publié sur
25/05/21
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Encore faut-il définir la vertu.

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jefdebourges
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