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Le quatrième mur

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Avis des lecteurs

 
4/5
Note moyenne obtenue sur :
Fnac Babelio Hachette.fr
Coryne1966
4.29
05 Juillet 2017
Publié sur
Ce livre m'a été prêté par une amie. J'ai eu du mal à "rentrer" dans l'histoire, peut être à cause du thème : le conflit israélo-palestinien, que je connais peu. Samuel promet à un ami grec qui est e.....
domisylzen
4.29
23 Juin 2017
Publié sur
Il est des livres que l'on aimerait ne pas avoir à lire. Il est des livres qu'il est OBLIGATOIRE d'avoir lu. Habitants de contrées en Paix : cultivons l'amour avant qu'il ne soit trop tard...
Nicolas9
4.29
20 Juin 2017
Publié sur
C'est l'histoire de deux copains de fac, Georges et Sam. Ils se sont connus durant la tourmente de mai 68. Tous deux étaient de toutes les manifs d'extrême gauche et ils ont également participé aux vi.....
celine
5
Publié sur
ma plus belle lecture de cette rentrée.une écriture forte et efficace!
3
Publié sur
3
Publié sur
Sweet.M
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
Nous sommes en 1982. Pour honorer une promesse faite à un ami mourant, Georges accepte de laisser sa femme et sa fille de quatre ans pour se rendre à Beyrouth, au Liban, afin de monter la célèbre pièce d'Anouilh : " Antigone ". Alors que le pays est déchiré par la guerre, tout l'enjeu de cette représentation consiste à réunir sur scènes des acteurs issus de différents horizons politiques et religieux, soit des ennemis par leurs convictions, et de réussir à créer une harmonie scénique dans un décor en ruine, associant ainsi différentes communautés dans un même rêve de paix. Druze, Palestinien, chrétien, chiite, Phalangiste arriveront-ils à dépasser les tensions qui divisent leur peuple ? Né en 1950, Georges n'a connu que la révolte, jamais la guerre. Ce soixante-huitard engagé va alors se retrouver propulsé dans une guerre qui n'est pas la sienne et qui le dépasse. Dès lors, il va connaître la peur, les menaces, les attentats et l'horreur des combats pour défendre le projet de son ami qui, progressivement, deviendra le sien. Un projet qui le changera à jamais... Impossible de rester insensible à la lecture de ce rêve utopique qui ne laissera personne indemne (ni les personnages, ni le lecteur !). Comme pour " Retour à Killibegs ", j'ai été complètement bouleversée par l'écriture de Sorj Chalandon, sa force, sa justesse et l'émotion qu'elle suscite. Pourtant, j'étais réticente au départ. Je n'avais pas envie de me plonger dans un récit de guerre, avec des conflits religieux qui me dépassent... Mais une fois commencé, impossible de lâcher ce roman, aussi dur soit-il, tant le sujet est habilement traité, de manière à ne pas perdre le lecteur tout en lui fournissant les clés essentielles à la compréhension d'un tel conflit. Malgré ce contexte plein de tension, l'art est au centre du roman. Le théâtre, même s'il a tout d'un projet insensé, voire vain, symbolise ce terrain neutre, dans lequel les conflits sont mis entre parenthèses et où l'on parle un même langage, plein de passion et de ferveur. L'espoir et le rêve de ces comédiens côtoient l'horreur de leur quotidien, les massacres et le danger. Avec " Le quatrième mur ", Sorj Chalandon nous offre un magnifique roman sur l'amitié et l'engagement (politique, amoureux), mais également un récit de guerre terrible, qui a son lot de scènes insoutenables et de désillusions... Bref, vous l'aurez compris, malgré la dureté du sujet, j'ai adoré !
Annick.D
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
Je viens de terminer ce livre et suis, encore sous le choc. Quel livre! Et quelle écriture! Quelle justesse dans les mots pour traduire l'horreur de la guerre, l'espoir des hommes, l'amitié et l'engagement à la parole donnée. Tout au long de ce récit, on sent la douleur, la souffrance de l'écrivain. Depuis Une promesse, Sorj Chalandon ne m'a jamais déçue, aujourd'hui il s'est surpassé. Un livre qu'on ne peut oublier, parce qu'horriblement beau.
nathavh
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
Même si la lecture semble très ardue au départ, ce livre est très vite captivant et ne laisse pas indifférent. C'est un très beau cri d'espoir et d'humanité. Je l'ai vraiment beaucoup aimé. Il est vrai que le conflit au Proche Orient n'est pas simple à comprendre, la guerre du Liban fut assez complexe, de nombreux enjeux entrant en ligne de compte. Il n'est pas besoin de rentrer dans toutes les considérations historiques pour vivre pleinement l'histoire. Personnellement j'aime comprendre, c'est aussi un but recherché dans la lecture : ouvrir mes horizons, apprendre ce monde qui nous entoure. Il n'est pas essentiel d'aller trop loin pour entrer pleinement dans la lecture - Pour ceux qui le souhaitent j'ai fait une petite synthèse sur la guerre du Liban ci dessous - . J'ai éprouvé le besoin de prendre du recul avant d'écrire ce petit billet sur ce livre magnifique dont les personnages vivent encore aujourd'hui dans un coin de mon esprit. Quelle belle idée : ? utopie ou réalité ? Permettre à chacun de vivre ensemble le temps d'une représentation d'Antigone de Jean Anouilh, avec pour décor un immeuble en ruines, sur la ligne entre les deux camps. "Aller dans un pays de mort avec un nez de clown, rassembler dix peuples sans savoir qui est qui. Retrancher un soldat dans chaque camp pour jouer à la paix. Faire monter cette armée sur scène. La diriger comme on mène un ballet. Demander à Créon, acteur chrétien, de condamner à mort Antigone, actrice palestinienne. Proposer à un chiite d'être le page d'un maronite. Tout cela n'avait aucun sens. Je lui ai dit qu'elle avait raison. Ses remarques étaient justes. La guerre était folie ? Sam disait que la paix devait l'être aussi. Il fallait justement proposer l'inconcevable. Monter Antigone sur une ligne de feu allait prendre les combats de court. Ce serait tellement beau que les fusils se baisseraient." p100 Georges n'a jamais connu la guerre mais plutôt les révoltes, il est né en 1950. Sam son ami est grec, juif aussi. Il a connu l'oppression, est un rescapé de l'holocauste, sa colère il l'exprime par le biais du théâtre. Il rêve de jouer "Antigone" à Beyrouth. Il met deux ans à fixer le casting, petite particularité : ce sont les acteurs des différents camps qui joueront ensemble. "Antigone était palestinienne et sunnite. Hémon, son fiancé, un Druze du Chouf. Créon, roi de Thèbes et père d'Hémon, un maronite de Gemmayzé. Les trois chiites avaient d'abord refusé de jouer "Les gardes" , personnages qu'ils trouvaient insignifiants. Pour équilibrer, l'un d'eux est aussi devenu le page de Créon, l'autre avec accepté d'être "Le messager". Au metteur en scène de se débrouiller. Une vieille chiite avait aussi été choisie pour la reine Eurydice, femme de Créon. "La nourrice" était une chaldéenne et Ismène, soeur d'antigone, catholique arménienne. " p95 En janvier 1982, Sam entre en clinique, il est malade, souffre d'un cancer et Georges lui fait la promesse d'y aller et de monter ce spectacle. Georges va s'investir à fond dans le projet de son ami et en faire le sien. Il va découvrir la réalité de la guerre, et la vivre de près sur le terrain. Il va réunir les pires ennemis, tenter de réaliser l'irréalisable. Avec lui nous vivrons de l'intérieur l'horreur, les massacres de Sabra et Chatila. Le sujet est très dur, le récit est bouleversant, prenant les tripes. L'écriture est forte, juste, elle nous bouleverse, nous traverse, l'horreur est décrite au quotidien et certaines scènes sont insupportables, inimaginables mais outre ce récit de guerre poignant on parcourt un récit magnifique plaidoyer d'espoir, de rêve et une très belle histoire sur l'amitié. Un livre qui ne laisse pas indifférent, un coup de coeur de cette rentrée littéraire. 9.5/10 en savoir plus sur la guerre du liban et lire les jolies phrases du livre http://nathavh49.blogspot.be/2013/09/la-quatrieme-mur-sorj-chalandon-coup-de.html
Isabelle.I
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
Monter Antigone à Beyrouth en pleine guerre civile dans un Liban à feu et à sang c'est la décision de Samuel Akounis. Un défi lancé à la face des hommes qui ont toujours une bonne raison pour s'entre tuer au mépris du dialogue étouffé par les idéologies exacerbant les rivalités politiques, ethniques comme religieuses. Réfugié Grec à Paris, tenace, durci par son passé de combattant du régime des colonels et animé par ses origines d'enfant de juifs déportés à Auschwitz il va réussir. Sa distribution de rôles est établie entre Palestinien, Druze, Maronite, Chiite , Chaldéen et Arménien qui l'ont rejoint dans son aventure. Impensable, et pourtant Il touche au but quand il est frappé par un cancer qui va ruiner tant d'efforts pour réaliser ce rêve. Mais non, il ne va pas laisser tomber comme ça, ce n'est pas dans son tempérament. Et sur son appel, son ami Georges un jeune metteur en scène Français qu'il sait sensibiliser fortement à son projet viendra le relayer à Beyrouth en laissant femme et enfant en France. Mais passer du rêve à la réalisation dans ce cadre de guerre civile terrible va vite se révéler mission impossible face à l'horreur dans laquelle malgré son inimaginable dureté à la limite du supportable l'extrême puissance de l'écriture de Sorj Chalandon nous entraine à travers ce roman aussi dur que magnifique.
Jostein.A
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
Le quatrième mur est dans aucun doute le plus lourd des romans de la rentrée que j'ai lus. Il est question de tragédie, celle d'Antigone ( de Sophocle ou d'Anouilh), cette figure mythique qui symbolise dignité et honneur, qui est le symbole du non au pouvoir portant ses convictions jusqu'à le mort. Mais aussi la tragédie de la guerre au Liban. Georges a toujours été assez violent dans la défense de ses convictions. Défenseur du jeune Bachir en classe, puis militant pour la défense de la Palestine ou contre les bandes d'extrême droite, il applique la devise " oeil pour oeil, dent pour dent ". Lorsqu'il rencontre Samuel Akounis, un juif grec opprimé par le régime des colonels, il entend le message " La violence est une faiblesse " et adhère à son projet de mettre l'Art au service de la Paix. Sam veut monter Antigone à Beyrouth en réunissant des acteurs des différentes origines. Antigone est palestinienne, Créon, chrétien, Hémon, druze, Eurydice et les gardes chiites, Ismene arménienne et la nourrice chaldéenne. Il n'y aura qu'une seule représentation au coeur de la zone des combats. Ce sera une trêve au milieu de la haine. Sam, mourant confie ce projet à Georges qui quittera sa famille pour tenter de réaliser la dernière volonté de son ami. " Il a dit que la paix ne se faisait pas avec le visage poudré du clown. " Georges va réunir ces ennemis qui peinent à laisser leurs convictions à la porte du théâtre. Même si les hommes et les femmes, acteurs, actrices font des efforts, la sombre réalité continue et tous se retrouvent sous les bombardements israéliens et au coeur du massacre de Sabra et Chatila. Comment George peut-il supporter " les misères de la paix " lorsqu'il revient à Paris, vivre une vie de famille avec la mémoire de la guerre ? Quelle peut être l'issue décente et digne alors que le rêve de Sam se révèle une utopie ? A l'image d'Antigone, l'idéalisme de Sam se trouve vite confrontéà la réalité politique. Ce n'est pas toujours simple de comprendre les enjeux d'un conflit aussi compliqué, de situer les différents camps (sunnites, sionistes, phalangistes...) mais la force de ce livre se trouve dans l'énergie, l'amour d'hommes et de femmes au service d'une cause, d'une utopie, d'une volonté de passer un message de paix dans un enfer de guerre. J'ai apprécié aussi que l'auteur mette délicatement en opposition la " bêtise " de bandes de manifestants face aux grands problèmes mondiaux, des slogans parfois utilisés sans réfléchir, la futilité des soucis d'une population par rapport aux conditions de vie d'un peuple en guerre. Le quatrième mur, au théâtre est le mur virtuel, intellectuel qui sépare les acteurs du public. Ici le quatrième mur donne sur un paysage de guerre. C'est un livre fort, violent à l'image de la tragédie grecque.
Vanille.L
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
"Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone". Ce prologue à l'Antigone de Jean Anouilh est aussi celui qui ouvre le roman de Sorj Chalandon, à Beyrouth, en 1983. Mais le jeu tourne court, la réalité rejoint la tragédie antique, les destins des personnages sont scellés d'avance, il n'y a pas d'issue. Reste à l'auteur à remonter le cours du temps, à dérouler le fil de l'histoire à l'envers pour dévoiler et expliquer comment tout cela a commencé. Retour à Paris, en 1974. Georges est un jeune homme, héritier de mai 68, qui vit au rythme du théâtre et des manifestations, s'imagine en héros, croit pouvoir changer le monde et résume le danger à quelques coups de poing. Sa rencontre avec Samuel Akounis, réfugié grec, metteur en scène et militant contre la dictature des colonels, est décisive. S'instaure d'abord entre les deux hommes un rapport de fascination, d'identification de Georges à Samuel. Ce dernier n'a qu'un seul rêve : monter l'Antigone d'Anouilh. Et pas n'importe où : à Beyrouth, dans un Liban en guerre, dans un Liban sous les bombes, avec des comédiens issus de communautés différentes, une trêve poétique sous forme d'utopie, la mise en scène d'un monde idéal comme s'il pouvait exister. Samuel est malade, alors c'est Georges qui part au Liban, se lance dans la réalisation d'un projet qui le dépasse complètement, laisse derrière lui femme et fille pour porter le rêve de son ami. Sur place, il doit trouver son Antigone et surtout convaincre sunnites, Druzes, chiites, chaldéens et chrétiens maronites de jouer ensemble. Ce ne sera pas la paix, juste un instant de grâce, un moment suspendu dans l'espace-temps de la pièce - et du livre. Le quatrième mur, qui donne son titre au roman, est le cloisonnement créé par les acteurs entre eux et le public, une séparation mentale destinée à renforcer l'illusion théâtrale et qui induit une sorte de contrat entre comédiens et spectateurs disant que tout ce qui a lieu au-delà de ce mur est vraisemblable et peut arriver. L'ambition de Georges est de transposer ce quatrième mur à Beyrouth, pour séparer le théâtre de la vraie vie, ériger une barrière entre les comédiens et la guerre, oublier un temps les conflits pour se rassembler autour du message d'Anouilh - Antigone exprime le refus de l'ordre établi au nom de valeurs supérieures, celles de justice et de paix... Par delà l'effondrement des illusions et le démenti des utopies, c'est aussi le choc entre deux mondes qui est ici décrit, par une mise en perspective de la guerre libanaise, de l'opération Paix en Galilée, et le massacre des camps de Sabra et Chatila. En se fondant sur sa propre expérience de journaliste, Sorj Chalandon interroge, bouscule, emporte le lecteur. Grâce à une chronologie quelque peu désordonnée, des superpositions narratives entre le texte du roman et le texte d'Anouilh - l'aube grise de Chatila n'est pas sans évoquer certaines atmosphères dépeintes par le dramaturge -, l'auteur brouille les pistes, nous immerge dans une guerre où la mort n'est pas un jeu. On n'est plus dans le théâtre, on re-bascule brutalement dans la réalité, de l'autre côté du quatrième mur. La grande force du roman réside dans l'immense sensibilité de la plume de Chalandon, la sobriété de l'écriture qui suggère et donne à voir avec si peu de mots. La fiction s'efface alors, ne subsiste que la parole humble du témoin, la fragilité de l'existence dans un climat de guerre omniprésent. Sous la plume brillamment dramatique de Sorj Chalandon, le théâtre devient un instrument rhétorique et politique qui fait résonner l'intensité de la guerre civile. "L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. [...] Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne..."
Françoise..
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
Samuel Akounis voulait depuis toujours mettre en scène "Antigone" d'Anouilh dans une zone de guerre. Bouleversé par les événements se déroulant au Liban, le théâtre devant accueillir cette représentation devint pour lui une évidence. Nous sommes au début des années 80. Depuis son lit de mort, il demande à son ami George de réaliser son rêve utopique d'offrir un rôle à chacun des belligérants, pour que, le temps d'une représentation, le conflit s'interrompe, que les armes se taisent. "Antigone était palestinienne et sunnite. Hémon, son fiancé, un Druze du Chouf. Créon, roi de Thèbes et père d'Hémon, un maronite de Gemmayzé. Les trois chiites avaient d'abord refusé de jouer les "Gardes", personnages qu'ils trouvaient insignifiants. Pour équilibrer, l'un d'eux est aussi devenu le page de Créon, l'autre avait accepté d'être le "Messager". Au metteur en scène de se débrouiller. Une vieille chiite avait aussi été choisie pour la reine Eurydice, femme de Créon. "La Nourrice" était une Chaldéenne et Ismène, soeur d'Antigone, catholique arménienne." (p. 95) Auteur passionné autant que passionnant, Sorj Chalandon nous livre ici un roman bouleversant dont on ne peut sortir indemne. Fort de son expérience de grand reporter, l'auteur nous emmène au coeur du conflit sur fonds de tragédie grecque...tragédie dont son narrateur ne saura se défaire. Un roman utopique mais aussi un roman sur l'amitié indéfectible. Confronté à la réalité du conflit, aux salves de tirs, aux crimes atroces, aux factions en guerre, Georges va tout faire pour tenir la promesse faite à son ami de monter cette tragédie sur le sol libanais... Promesse qui le conduira à abandonner femme et enfant. "C'est à la porte de notre appartement que ma famille m'est apparue. A l'hôpital, seul Samuel existait. Sa force, sa volonté. Lui et Antigone, son dernier combat." (p. 98) Tout à la fois bouleversante, juste, poétique, son écriture nous emporte à travers les pages. "Le Quatrième mur" est de toute évidence un roman que l'on ne peut ignorer, que l'on ne peut oublier... J'ai eu l'occasion de découvrir cet auteur à travers ses deux romans "irlandais" ("Mon traître" et "Retour à Killybegs") et j'avoue à chaque fois tomber sous le charme de son écriture. Sorj Chalandon est très certainement une valeur sûre de la littérature française!
catherine.a
5/5
03 Avril 2015
Publié sur
Sorj Chalandon a quitté l’Irlande et cette fois-ci, dans « le quatrième mur », il va nous parler des années 80 et d’aujourd’hui à Paris et à Beyrouth. Le protagoniste, Georges, est un jeune français qui va tenter de monter la pièce de théâtre d’Anouilh, Antigone, à Beyrouth. Ce projet était au départ porté par l’un de ses amis Samuel. Il avait rencontré Samuel lors de ses études de lettres. Celui-ci s’était réfugié à Paris, sous la dictature grecque. Ils avaient alors milité ensemble et en particulier en faveur des Palestiniens. Mais Samuel était grec et juif. Il était metteur en scène de théâtre et, il décide en 1982 de monter la pièce de Jean Anouilh Antigone à Beyrouth. Il a réussi à fédérer toutes les communautés de ce pays en guerre et chacun essaie de trouver sa place dans cette pièce. Malade, Samuel ne peut plus se rendre sur place et il propose alors à Georges d’aller sur place, pour les répétitions et représentations. Georges va alors se retrouver dans un pays en guerre. Sorj Chalandon nous décrit parfaitement le climat dans ce pays et nous mets en présence de chaque partie sans démagogie. On est au cœur de ce conflit. Mais on se retrouve aussi dans le questionnement politique et individuel de ce jeune homme français, dont la vie parisienne est si éloignée de la vie terrible de Beyrouth. D’ailleurs, le retour à sa vie normale va lui être très difficile. J’ai beaucoup apprécié ce livre, pour cette description du Liban et de sa situation socio politique mais aussi la tentative d’amener de la culture dans des zones de guerre. Mais le théâtre peut il arrêter ou stopper des conflits armés, peut on croire à des trêves le temps de répétition ou de représentations. Que représentent la culture et le théâtre, lorsque les hommes n’arrivent qu’à se parler avec des armes ? Peut-on venir tout simplement avec des textes ou des œuvres dans ces zones de conflits armés ? Ce livre m’a donné aussi très envie de relire Antigone et les multiples versions de ce mythe. D’ailleurs, « Antigone » d’Anouilh est joué actuellement à la Comédie Française. Un de mes coups de cœur 2013-2014.
Alex.M
3/5
03 Avril 2015
Publié sur
Après "Mon traître" et "Retour à Killybegs", qui ne m'avaient pas convaincu, et parce que ce roman-çi a été Prix Goncourt des lycéens, je me frotte de nouveau au style de Monsieur Chalandon. Et j'ai l'impression de lire de nouveau le même roman : un jeune français, en mal de rébellion, part faire la guerre dans un autre pays. Après "mon traitre", le personnage principal a "mon druze". Agaçant, et liberticide ! Cette fois-ci, le personnage principal prend réellement part à la guerre du Liban, au détriment de sa famille. Je ne me suis donc pas reconnue dans ce personnage qui, au départ, joue le Choeur, et qui, au final, se retrouve à jouer Antigone. Quel changement de point de vue, et pourquoi ce revirement ?! Alors certes, j'ai appris pas mal de choses sur l'écriture de la pièce "Antigone" en elle-même, ainsi que sur la guerre du Liban (pauvre pays....) Mais cela n'a pas suffit à mon plaisir de lecture. Une émotion, tout de même, lors de la description du camp de Chatila, le lendemain matin après le massacre. L'image que je retiendrai (attention spoiler) : Celle d'Antigone, pardon, Imane, morte à Chatila..... La citation : "Et puis il a tiré. Deux coups. Un troisième, juste après. (...) Il a tiré sur la ville, sur le souffle du vent. Il a tiré sur les lueurs d'espoir, sur la tristesse des hommes. Il a tiré sur moi, sur nous tous. Il a tiré sur l'or du soir qui tombe, le bouquet de houx vert et les bruyères en fleur." p.160. http://motamots.canalblog.com/archives/2014/02/04/28934014.html