Éloge de l’irrévérence
« Dans la vie d’un avocat, il y a des plaidoiries qu’on n’oublie pas. Elles vous obsèdent des mois, vous réveillent la nuit, vous rendent malade puis, vous marquent pour toujours. C’était le 8 février 2007, il a fallu sauter dans le vide. Derrière nous, une salle comble, chauffée à blanc par des débats enflammés ; sur le côté, les représentants de la presse mondiale. Un tribunal est une arène, un théâtre du réel, le cadre de l’Histoire qui s’écrit, mais le sait-on ? Pour ce “procès des caricatures”, nous étions passionnés, complices, angoissés, heureux de défendre notre cause. Charlie Hebdo a gagné contre les intégristes, le droit à l’irrévérence a triomphé, mais les dix années qui ont suivi ont été tragiques.
Qui ose encore rire de Dieu, de ses commandements et de ses fanatiques ? La justice a tenu bon mais les menaces, la peur, les morts se sont succédé. Revenir sur ces instants, sur le Droit, les dessins, les textes sacrés et la vertu du rire reste un devoir : la garantie de nos libertés. »
G.K. et R.M.
Le droit d’emmerder Dieu
« C’est à nous, et à nous seuls, qu’il revient de réfléchir, d’analyser et de prendre des risques pour rester libres. Libres de nous engager et d’être ce que nous voulons. C’est à nous, et à personne d’autre, qu’il revient de trouver les mots, de les prononcer, de les écrire avec force, pour couvrir le son des couteaux sous nos gorges.
À nous de rire, de dessiner, d’aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute, face à des fanatiques qui voudraient nous imposer leur monde de névroses et de frustration – en coproduction avec des universitaires gavés de communautarisme anglo-saxon et des intellectuels qui sont les héritiers de ceux qui ont soutenu parmi les pires dictateurs du xxe siècle, de Staline à Pol Pot. »
Ainsi plaide Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, lors du procès des attentats de janvier 2015. Procès intellectuel, procès historique, au cours duquel l’auteur retrace, avec puissance, le cheminement souterrain et idéologique du Mal. Chaque mot pèse. Chaque mot frappe. Ou apporte la douceur, évoquant les noms des disparus, des amis, leurs plumes, leurs pinceaux, leur distance ironique et tendre. Bien plus qu’une plaidoirie, un éloge de la vie libre, joyeuse et éclairée.
Traité sur l’intolérance
Après Le droit d’emmerder Dieu, éloge du droit au blasphème, Richard Malka revient sur l’origine profonde d’une guerre millénaire au sein de l’islam : la controverse brûlante sur la nature du Coran. Plus qu’une plaidoirie, ces pages mûries pendant des années questionnent ce qu’il est advenu de l’islam entre le VIIe et le XIe siècle, déchiré entre raison et soumission. Les radicaux ont gagné, effectuant un tri dans le Coran et les paroles du Prophète, oppressant leurs ennemis – au premier rang desquels les musulmans modérés, les musiciens, artistes, philosophes, libres-penseurs, les femmes et minorités sexuelles.
Plonger avec passion dans cette cassure au sein d’une religion n’est pas être « islamophobe », c’est regarder l’histoire en face. Traité sur l’intolérance est une méditation puissante, un appel aux islamologues du savoir et de la nuance – pour qu’enfin chacun sache, comprenne, échange, s’exprime.
Interprétation humaine
« Dans la vie d’un avocat, il y a des plaidoiries qu’on n’oublie pas. Elles vous obsèdent des mois, vous réveillent la nuit, vous rendent malade puis, vous marquent pour toujours. C’était le 8 février 2007, il a fallu sauter dans le vide. Derrière nous, une salle comble, chauffée à blanc par des débats enflammés ; sur le côté, les représentants de la presse mondiale. Un tribunal est une arène, un théâtre du réel, le cadre de l’Histoire qui s’écrit, mais le sait-on ? Pour ce “procès des caricatures”, nous étions passionnés, complices, angoissés, heureux de défendre notre cause. Charlie Hebdo a gagné contre les intégristes, le droit à l’irrévérence a triomphé, mais les dix années qui ont suivi ont été tragiques.
Qui ose encore rire de Dieu, de ses commandements et de ses fanatiques ? La justice a tenu bon mais les menaces, la peur, les morts se sont succédé. Revenir sur ces instants, sur le Droit, les dessins, les textes sacrés et la vertu du rire reste un devoir : la garantie de nos libertés. »
G.K. et R.M.
Le droit d’emmerder Dieu
« C’est à nous, et à nous seuls, qu’il revient de réfléchir, d’analyser et de prendre des risques pour rester libres. Libres de nous engager et d’être ce que nous voulons. C’est à nous, et à personne d’autre, qu’il revient de trouver les mots, de les prononcer, de les écrire avec force, pour couvrir le son des couteaux sous nos gorges.
À nous de rire, de dessiner, d’aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute, face à des fanatiques qui voudraient nous imposer leur monde de névroses et de frustration – en coproduction avec des universitaires gavés de communautarisme anglo-saxon et des intellectuels qui sont les héritiers de ceux qui ont soutenu parmi les pires dictateurs du xxe siècle, de Staline à Pol Pot. »
Ainsi plaide Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, lors du procès des attentats de janvier 2015. Procès intellectuel, procès historique, au cours duquel l’auteur retrace, avec puissance, le cheminement souterrain et idéologique du Mal. Chaque mot pèse. Chaque mot frappe. Ou apporte la douceur, évoquant les noms des disparus, des amis, leurs plumes, leurs pinceaux, leur distance ironique et tendre. Bien plus qu’une plaidoirie, un éloge de la vie libre, joyeuse et éclairée.
Traité sur l’intolérance
Après Le droit d’emmerder Dieu, éloge du droit au blasphème, Richard Malka revient sur l’origine profonde d’une guerre millénaire au sein de l’islam : la controverse brûlante sur la nature du Coran. Plus qu’une plaidoirie, ces pages mûries pendant des années questionnent ce qu’il est advenu de l’islam entre le VIIe et le XIe siècle, déchiré entre raison et soumission. Les radicaux ont gagné, effectuant un tri dans le Coran et les paroles du Prophète, oppressant leurs ennemis – au premier rang desquels les musulmans modérés, les musiciens, artistes, philosophes, libres-penseurs, les femmes et minorités sexuelles.
Plonger avec passion dans cette cassure au sein d’une religion n’est pas être « islamophobe », c’est regarder l’histoire en face. Traité sur l’intolérance est une méditation puissante, un appel aux islamologues du savoir et de la nuance – pour qu’enfin chacun sache, comprenne, échange, s’exprime.
Interprétation humaine

