Vous êtes ici

26 Septembre 2017

Sidonie Bonnec et Marie Drucker : "On a écrit le livre qu’on aurait aimé avoir pendant notre grossesse"

Partager via Facebook
Partager via Twitter
Partager via Pinterest
Partager par Mail
Imprimer la page

Amies depuis plusieurs années, les journalistes Sidonie Bonnec et Marie Drucker ont vécu leur grossesse ensemble avec quelques mois d’écart et ont ainsi pu échanger leurs questionnements et leurs états d’âme. Mais comme toutes les femmes n’ont pas la chance d’avoir une meilleure amie hyperdocumentée sous la main, elles ont voulu partager leur expérience et leurs recherches dans un guide indispensable à tous les futurs parents. Nous avons rencontré les deux animatrices à l’occasion de la parution de Maman, pour le meilleur et pour le reste au Livre de Poche. Photo : © Charlotte Schousboe

 

Hachette.fr : Comment est née l’envie d’écrire ce livre ensemble ? 

 

Marie Drucker : Moi qui suis plutôt littéraire et peu connectée, j’ai lu des dizaines de livres pendant ma grossesse et il me manquait des informations, des conseils, des choses pour me rassurer. Je trouvais peut-être deux éléments à retenir sur 150 pages dans chaque livre et je me suis dit que ce n’était pas normal. Sidonie avait six mois d’avance sur moi et c’était toujours elle que j’appelais, c’était ma hotline. 

Sidonie Bonnec : Marie s’est dit qu’il nous manquait tellement d’infos qu’on avait pu recueillir grâce à notre expérience toutes les deux que ce serait sympa d’en faire profiter les autres mamans. Aujourd’hui, on est de plus en plus isolés les uns des autres, c’est souvent les amies, les collègues ou les femmes de notre entourage qui nous aident. On a donc conçu ce guide comme une meilleure amie qu’on aurait près de nous de la grossesse jusqu’aux deux ans de l’enfant. Et le fait qu’il soit à présent disponible en poche pousse l’expérience de guide encore plus loin !

 

Depuis quand êtes-vous amies ? 

 

MD : On s’est rencontrées à RTL il y a à peu près six ou sept ans. Sidonie y est toujours et je suis partie, mais on a vraiment vécu nos grossesses ensemble. Et ce qui est assez amusant, c’est qu’on a mis à peu près neuf mois à écrire ce livre !

 

Vous souvenez-vous du moment où vous vous êtes annoncé vos grossesses respectives ? 

 

SB : Je me souviens très bien ! En sortant du théâtre. Et je crois que tu es la deuxième personne à qui j’ai dû le dire après mes parents. J’étais hyper touchée. 

MD : Ah oui, j’ai un peu pleuré...

SB : Je crois que notre amitié s’est renforcée ce jour-là…On attendait le taxi, j’ai juste dit "Faut que je te dise quelque chose" et elle m’a fait "T’es enceinte". Et Marie, six mois après, c’était génial. 

 

Vous avez tout de suite pensé à ce ton familier, ce mélange d’expérience vécue et de conseils médicaux et pratiques ? 

 

MD : Oui parce qu’on ne voulait pas être doctes ou donneuses de leçons. C’était simplement, au sens propre, un guide qui vous aiguille pendant la grossesse tout en essayant de dédramatiser, de calmer les angoisses, de gagner du temps et de l’argent et d’aider les autres à ne pas faire les mêmes erreurs que nous. Ça ne se voulait rien d’autre qu’un outil, mais un outil qui soit agréable à lire et joyeux. 

SB : On se complétait super bien et moi j’étais aux Maternelles cette année-là donc j’ai complété ma formation médicale avec tous les psys, les gynécos, les pédiatres que j’ai rencontrés en plus des personnes qu’on est retourné interviewer ensuite. C’est beaucoup de travail mais comme journalisme d’immersion on ne peut pas faire mieux !

 

"Quand on a un enfant tout change et pas seulement notre sommeil : notre regard sur le monde change, notre regard sur notre enfance, sur notre rapport à nos parents, sur l’éducation… C’est un bouleversement profond"

 

C’est quoi "le reste" du titre ? 

 

SB : Le reste, c’est les rhumes, la fatigue… 

MD : C’est tout ce qui dépasse la joie, le bonheur, l’amour et toutes les évidences possible. C’est le côté pratique, les angoisses, c’est les questions qu’on se pose et auxquelles on n’a pas forcément les réponses. 

SB : Mais ce n’est pas le pire ! 

MD : C’est aussi tout ce qu’on ne mesure pas avant. Il y a cette phrase banale qu’on entend tout le temps : "La vie va changer". Avant, on en a une vision très primaire : bon ok, on va moins dormir etc. Or, ça veut littéralement dire, selon moi, que TOUT change : notre regard sur le monde change, notre regard sur notre enfance, sur notre rapport à nos parents, sur l’éducation… Tout change ! C’est un bouleversement profond. 

 

Comment le travail de l’illustratrice, Pauline Aubry, s’est-il intégré au livre ? 

 

SB : C’est elle qui a eu l’idée de nous mettre en scène toutes les deux. 

MD : On voulait quelque chose qui ne soit surtout pas girly, un truc drôle. Et elle a compris ça tout de suite. 

SB : On est allées dans son atelier, on s’est raconté nos maternités, les anecdotes les plus drôles qu’on vivait. Et toutes les petites situations qui sont croquées sont toutes vécues. C’est une super auteure de BD, elle est jeune maman et elle a un univers. C’était important de ne pas sulement plaquer des dessins.  

 

 

Oui, le livre est drôle et évoque des choses pas toujours très glamour. Ça ne vous a pas gênées ? 

 

SB : Oh non, on est à l’aise, on n’est pas des femmes glamours. On est des femmes tout court. Comme nos mecs qui mettent du gel intime dans le bain à la place du gel douche… (rires)

MD : Ah oui, je pense que ça nous est arrivé à toutes les deux mais à la relecture, on ne se souvenait plus de laquelle des deux ça venait à l’origine. 

 

Vous avez testé et approuvé des objets et vous citez même des marques. 

 

MD : Oui, c’est le fruit de notre expérience, mais nous précisons bien en exergue que nous n’avons reçu aucun cadeau ! Ce sont des objets que nous avons testés et aimés. 

 

Justement, quel est l’objet dont vous n’auriez pas pu vous passer pendant la grossesse ? 

 

MD : Le coussin de maternité !

SB : Moi aussi ! Entre mes jambes tout le temps, dans mes bras… 

 

Et depuis la naissance de votre enfant ? 

 

SB : Le babycook pour cuisiner c’est indispensable. 

MD : Moi, je l’ai acheté en version duo pour faire deux repas en même temps. 

SB : Une veilleuse qui projette des étoiles au plafond aussi. 

MD : Et je vais citer une marque mais la poussette Yoyo, encore aujourd’hui, deux ans et demi après, c’est vraiment l’outil indispensable. 

 

Quels sont votre meilleur et votre pire souvenir de grossesse ? 

 

SB : Le meilleur c’est quand je l’ai sentie bouger pour la première fois, j’ai senti comme des bulles. Sinon, j’ai fait de l’arythmie, c’était pas terrible. Mon cœur se mettait d’un coup à battre à l’envers, j’ai cru que j’allais mourir mais c’était moins grave que désagréable.

MD : Moi je dirais qu'on peut avoir des regrets, des choses qu’on ne nous a pas forcément proposé comme le peau à peau, 

SB : La sage-femme à la maison remboursée par la sécu. 

MD : Voilà, il y a eu des ratés pour nous mais on voulait du coup en parler dans le livre. 

 

Bon, et les pères dans tout ça, à part mettre du gel intime dans le bain des enfants… ? 

 

MD : Pour les pères, il y a "le coin d’Etienne". Etienne c’est tous les pères en même temps. Il faut dire qu’ils ne sont pas très bien informés. Les hommes ont bien du mal à comprendre ce qui se joue à ce moment-là – et ce n’est pas de leur faute. Quand le bébé arrive on est avec lui depuis neuf mois alors que lui le découvre. 

 

Et à l’inverse, les femmes ne comprennent pas toujours ce qui se joue pour les hommes à ce moment-là…

 

MD : Exactement. Mais il faut leur dire "On veut bien vous comprendre, mais si vous nous parlez de telle ou telle façon, ce sera mieux".

SB : Le guide peut évidemment être lu par les deux parents. Et on déculpabilise à fond ! 

 

Il y a cet autre rendez-vous à la fin de chaque chapitre, "la cellule de déculpabilisation".

 

MD : C’est une idée de Sidonie. C’’est drôle parce qu’au début, je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire. Et en fait, c’est une super idée pour mettre à distance tout ce qu’on peut entendre autour de nous. 

 

Parlons un peu littérature jeunesse. Quels sont les premiers livres d’éveil indispensables pour vous ? 

 

MD : Ce que j’utilise le plus depuis que mon fils a trois mois, ce sont les livres sonores à puces. Tous ! 

SB : Les livres musicaux, les Trotro, les albums…

MD : Le mien a déjà une passion pour les histoires, on peut lire pendant des heures. De toute façon, quel que soit le genre, un enfant pourra adorer un livre et refuser catégoriquement un autre. C’est très mystérieux. 

SB : Moi, en ce moment, elle adore "P'tits docs" pour les 3/7 ans (Milan). Ça aide beaucoup pour répondre à tous les "pourquoi".

 

Comment vous sentez-vous aujourd’hui en tant que maman ? 

 

SB : Super bien mais il faut savoir que le défi pour les parents, c’est la fatigue. 

MD : Votre sommeil ne sera plus jamais le même ! 

SB : C’est vrai que je rêve d’une grasse matinée, mais je m’éclate tellement… 

 

Propos recueillis par Noémie Sudre

A lire aussi

10 Juillet 2019

Envie de rire, de voyager ou de renouer avec votre libido ? Il existe forcément un livre fait pour vous ! Héloïse Goy et Tatiana Lenté, créatrices du...
Fabriquer sa lessive Larousse

14 Juin 2019

Avec Fabriquer sa lessive , Régine Quéva nous propose de remplacer les produits industriels qui encombrent nos placards de salle de bain par des...
Recette Deodorant Zero Plastique

25 Avril 2019

Dans Zéro plastique on s'y met! , Pauline Imbault nous invite à repenser notre consommation de plastique en adoptant des comportements plus...