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30 Juillet 2023

« Son odeur après la pluie » de Cédric Sapin-Defour : une déclaration d’amour d’un homme à son chien, une véritable leçon de vie

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Dans ce premier roman autobiographique, Cédric Sapin-Defour, journaliste amoureux de la montagne, décrit son histoire d’amour et de vie avec Ubac, son bouvier bernois : 13 ans de vie commune et une histoire particulière, sublimée en histoire universelle.

Cédric Sapin-Defour en un clin d’œil

Cédric Sapin-Defour est journaliste, auteur et alpiniste passionné. Avant Son odeur après la pluie publié chez Stock, Cédric Sapin-Defour avait signé des ouvrages sur la montagne et l’alpinisme : Gravir les montagnes est une affaire de style et L’art de la Trace chez Transboréal, Espresso et Double expresso chez Paulsen notamment. Son odeur après la pluie, publié en mars chez Stock, remporte un très grand succès critique et public. Le livre raconte l’histoire de vie, de partage et d’amour entre un homme et son chien.  

Pourquoi on aime Son odeur après la pluie

Dans Son odeur après la pluie, Cédric Sapin-Defour, bien que passionné d’alpinisme, déploie un rapport au monde et à la nature résolument horizontal. Alors qu’il tombe presqu’accidentellement sur une petite annonce de vente de bouviers bernois, chiens de garde de grande taille, son destin bascule. Le roman s’ouvre sur le chemin qui mène à Ubac : nom qu’il donnera à son chien, en référence à la face cachée de la montagne la moins exposée au soleil, également celle la moins fréquentée et donc la plus préservée.

Comme une histoire d’amour ou chaque petit événement dessine la trajectoire jusqu’à l’être aimé, Cédric Sapin-Defour décrit l’envie, l’attente, l’appréhension à l’idée de revoir l’autre, de le découvrir, de l’aimer et d’être aimé… Seulement ici, il ne s’agit pas d’une femme ou d’un homme, ni même d’un enfant que l’on attend. Il s’agit d’accueillir dans sa vie un compagnon animal dont il faudra prendre soin, qu’il faudra écouter autant qu’il nous écoutera, peut-être, et auquel, très certainement, on survivra.

Cédric Sapin-Defour parle de son rapport à l’animal comme d’une « résistance à la noirceur du monde ». Le chien fait comprendre l’existence de manière différente, une relation horizontale à la nature se crée. Le chien ne vit que dans le présent, il est au monde hic et nunc et l’homme doit se plier à cette manière d’être au monde. Pour Cédric Sapin-Defour, aucune place pour les questions de domestication de l’animal ou de dressage, Son odeur après la pluie est un vibrant témoignage, une grande déclaration d’amour écrite dans une langue précise et littéraire, une leçon de vie.

La page à corner

« Ubac est là dans la cuisine, je pourrais croire qu’il m’attend. Le regardant discrètement par la fenêtre, je peine à croire que nous allons repartir ensemble. C’est lui, c’est sûr, les changelins ne sont pas de ce conte, je reconnais sa petite lice et cette façon de se déplacer, mi-gauche mi-féline, il chaloupe. Il est beau. Incroyablement beau. Je l’observe rencontrer la vie ; sa truffe plaquée au carrelage, il y a tous les dix pas une nouvelle galaxie à explorer : un pied de table, un sac de pommes, deux bûches de bois, une pantoufle, un autre pied, le même sac de pommes. Aucun trésor ne vaut plus que le suivant, l’idée est d’amonceler. A chaque bruit, il s’arrête et veut savoir, mesure-t-il tout ce qu’il y a à apprendre ? Il y a ces instants, si rares, souvent jamais, quand la vie vous dépose exactement où il le faut. Tout s’accorde, de la lumière aux sons des mots, des choses humaines aux perspectives. Comme si, malgré ce qui ressemblait jusqu’alors au hasard, aux dérives et à un statut de spectateur, tout avait été mis en place pour vous offrir cette scène et ce rôle qu’il s’agit d’endosser avec force. Mme Château m’a épargné le tableau des séparations, à la fratrie, à la mère, là dans la cuisine c’est comme si Ubac venait de nulle part. Peut-être ont-ils pleuré, peut-être a-t-il hurlé d’effroi ? C’est inhumain d’arracher un être à sa famille, les hommes entre eux, par la morale et la loi, sont condamnés pour cela. Les bêtes, elles, ne ressentent rien. C’est assez commode de jurer à leurs absences, on résout là bien de nos tourments. L’homme, après tout, fait ce qu’il veut de la sauvagerie ; quand ça l’arrange, il l’érige en modèle suprême, implacablement juste, d’autres fois, il se pince le nez face à tant d’une vie sans cœurs. » p. 61-62

Dans la presse

« Son odeur après la pluie », de Cédric Sapin-Defour : bien plus qu’un chien

Lorsque le narrateur adopte un bouvier bernois, sa vie change. Célébration d’un compagnon au long cours, tel est ce premier roman fusionnel.
Le jour où le narrateur de Son odeur après la pluie, le premier roman de Cédric Sapin-Defour, adopte un bouvier bernois, sa vie bascule – elle descend de plusieurs étages, reconfigurant son champ de vision. Ce chien « au nom de versant », Ubac, devient le « bêtabloquant de la famille », repousse les contours, ouvre l’horizon, transforme les jours en promenade. Enseignant et voyageur, l’écrivain, qui vit une partie de l’année en ­itinérance, a beaucoup écrit sur la montagne et l’alpinisme.  
Juliette Einhorn, Le Monde

« Son odeur après la pluie » de Cédric Sapin-Defour : un chien qui a de l'humain

[Interview] Cédric Sapin-Defour dresse un portrait littéraire du bouvier bernois avec qui il a partagé sa vie pendant 14 ans. Un livre touchant qui s'interroge en creux sur notre propre finitude et sur ce qui fonde notre humanité. Pour nous, il commente quelques extraits choisis.  Olivia Elkaim, La vie

«Son odeur après la pluie», l’adieu au molosse de Cédric Sapin-Defour L’alpiniste Cédric Sapin-Defour se retourne sur treize ans d’idylle avec son bouvier bernois.

Une histoire d’amour. Intense, passionnée. Qui commence banalement par une petite annonce. Hésitation, doute, va-t-on être déçu ? Puis vient la première rencontre et le coup de foudre, comme une évidence. Avec ces regards qui se croisent, s’accrochent, se comprennent avant les premiers mots. Très vite, un nouveau rendez-vous, puis le début d’une vie à deux. La première nuit qui sera suivie de tant d’autres. Les longues promenades, les repas partagés, les confidences… Fabrice Drouzy, Libération

 

Lucile Charlemagne

Selections de livre: 
Son odeur après la pluie

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