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Marc Lavoine : souvenirs d’enfance et lendemains qui (dé)chantent

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Marc Lavoine : souvenirs d’enfance et lendemains qui (dé)chantent

Avec L’Homme qui ment (Fayard), Marc Lavoine livre un premier roman autobiographique touchant où il revisite ses souvenirs de jeunesse, marqués par l'ombre tutélaire d’un père volage.

Marc Lavoine en un clin d’œil :

Marc Lavoine est un chanteur et acteur français. L’homme qui ment est son premier roman. Lire la biographie de Marc Lavoine.

 

Pourquoi on aime "L’homme qui ment" :

 

C’est le livre que l’on n’attendait pas. Chanteur et acteur à succès (à moins que ce ne soit l’inverse), Marc Lavoine aura pris son temps pour se découvrir un talent d’écrivain. Une attente qui en valait la peine. A 52 ans, il publie un premier roman rempli de tendresse, un joli récit sur l’enfance, la vie, ses bonheurs et ses désillusions.

 


Tout commence au cimetière de Wissous, près d’Orly "sous la pluie comme il se doit". Toute la famille est rassemblée autour du cercueil paternel, celui de Lucien Lavoine, ancien employé des PTT. Sont présents ses fils Marc et Francis, sa fille Ophélie et ses trois épouses successives : Michou, Catherine et Geromie. Il y a aussi les amis du PCF venus rendre un dernier hommage au "camarade Lulu". Toute une vie ici résumée entre femmes, famille et communisme.

 


C’est à travers ce personnage haut en couleur que Marc Lavoine a choisi de replonger dans son passé. Pour son père, le jeune Marc n'a qu'amour et admiration. Dans leur village-banlieue "origine du monde", coincé entre les pistes d’atterrissage d’Orly et la prison de Fresne, Michou, Titi et Marc mènent une charmante vie de bohème, au rythme des envies de Lulu qui, le dimanche, trimballe sa tribu coller des affiches et vendre L’Humanité en fredonnant Trenet, Brassens, Bécaud au volant de sa 4L.

 


Séducteur insatiable, alcoolique sur courant alternatif, rescapé traumatisé de la guerre d’Algérie et cégétiste animé d’un idéal communiste, Lulu est pourtant un homme qui ment. Ses multiples infidélités (dont Marc est le confident contraint) détruiront peu à peu l’équilibre familial et l'insouciance d'une enfance qui reste, malgré tout, joyeuse. S’il garde pour lui une profonde fascination, Marc Lavoine ne pardonnera jamais réellement à son père le chagrin qu’il a fait subir à sa mère. 

 


Une ombre dans le tableau de cette jeunesse heureuse où se sont entrecroisés foot, muguet, politique, chansons, films, jazz, copains, copines, Dieu, croix, faucille et marteau pour faire de Marc Lavoine l’homme et l’artiste qu’il est aujourd’hui devenu.

 

La page à corner : 

 

Le jour de sa naissance, Marc Lavoine raconte l’accueil plutôt particulier qu’il reçût dans sa famille : "Le 6 août 1962, Micheline allait accoucher d’une fille, puisqu’elle avait déjà un garçon, Francis, né en 1957,  un jour avant le retour de mon père de la guerre d’Algérie, qui avait l’air pressé d’en découdre. Cette fille se prénommerait Brigitte, et aurait tout pour que Michou puisse jouer à la poupée et tisser au fil du temps un lien de complicité féminine, celui sans doute qu’elle connaissait avec mémé Louise, sa mère, une sainte. (…) Mais là, stupéfaction, la sage femme annonça « c’est un beau garçon. » Folle de rage contre la vie, le ciel et Dieu, ma mère eut du chagrin. Elle ne pourra jamais m’appeler Brigitte. (…) Elle ne voulut ni me voir, ni me regarder, ni me reconnaître, elle ne voulut rien savoir, rien entendre. « Dormir. Du silence, qu’on me foute la paix, je veux mourir… » Et ce, durant plusieurs jours. C’est ainsi que ma vie commença par quelques jours d’abandon et de solitude, d’autant que pour mettre un peu de piment dans tout ça, j’étais entre la vie et la mort. Pas dans une boîte comme la tienne, Lulu, mais dans une couveuse en plastique médicalisée. J’étais atteint, tenez-vous bien, d’une bronchopneumonie double et d’asthme en veux-tu en voilà. Il aurait suffi d’un rien pour que ma mère fût débarrassée de moi. Je n’avais toujours pas de meilleur prénom que Brigitte, ce qui devenait gênant vis-à-vis des autres membres de la famille, lesquels tentaient, tour à tour, de convaincre Michou d’accepter de me rencontrer –sans engagement définitif, juste voir l’enfant dans sa couveuse, elle pourrait juger sur pièce. Ma mère tenait bon. Elle voulait une fille qui s’appelle Brigitte, c’était prévu comme ça depuis longtemps. J’étais donc en stand-by, en couveuse, avec un panaris, en attente d’une famille, d’un toit, d’un lit et d’un prénom, entre la vie et l’oubli. Tout ça sentait très très bon." (p.11).

 

"L’homme qui ment" dans la presse :

 

"Pauvre Marc, écartelé entre la tristesse de sa mère et la vitalité de son père, et dont le récit, empreint de sincérité et d'humanité, rivalise avec les souvenirs des écrivains les plus patentés", L’Express.

 



"A 52 ans et demi, le maître chanteur engagé à droite et à gauche, mais surtout à gauche, tire sans rime à la ligne et nous déballe sa boîte à trésors. Cela donne un joli petit livre qui sent bon les jours heureux, le kérosène et les merguez de la Fête de l’Huma", Paris Match.

 

 

Olivier Simon

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