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18 Août 2014

Clara Dupont-Monod : Aliénor d’Aquitaine, reine rebelle

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Clara Dupont-Monod : Aliénor d’Aquitaine, reine rebelle
La passion selon Juette
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Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l’actuelle Belgique. C’est à travers un texte de Georges Duby (Dames du XIIè siècle, Gallimard), où Juette se trouve entre Aliénor d’Aquitaine et Iseut, que l’auteur rencontre cette figure singulière : enfant solitaire dans...
Paru le : 
29 Août 2007

Dans Le roi disait que j'étais diable (Grasset), Clara Dupont-Monod donne la parole à Aliénor d'Aquitaine et à son époux, Louis VII, pour évoquer le destin de cette reine conquérante, figure incontournable du XIIe siècle.

Clara Dupont-Monod en un clin d'oeil :

Clara Dupont-Monod est une journaliste et romancière française. Le roi disait que j'étais diable est son sixième ouvrage. Lire la biographie de Clara Dupont-Monod.

 

Pourquoi on aime "Le roi disait que j’étais diable" :

 

C’est l’histoire d’une adolescente, volage et insouciante. L’histoire d’une femme, libre et ambitieuse. L’histoire d’une légende : Aliénor d’Aquitaine, seule reine à avoir été tour à tour couronnée en France, puis en Angleterre.



Dans  Le roi disait que j'étais diable Grasset), Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique du Moyen-âge - tour à tour décrite comme sorcière, bourgeoise, immature - et invente ses premières années comme reine de France au côté de Louis VII. En donnant la parole à cette femme de caractère et à son époux que rien ne destinait au pouvoir, la journaliste dresse, sur fond d’histoire d’amour impossible, le portrait d’une femme violente, à la fois ambitieuse et fragile (en prenant au passage quelques libertés assumées par rapport à l’histoire).



On y découvre ainsi comment cette enfant du Sud, femme d'armes qui ne résonne qu’en termes de conquêtes, voit son ambition se heurter aux idées plus modernes de son mari, homme pieux et diplomate, qui pense, lui, en termes d’unité nationale.

 

Mais s’il est d’une grande clairvoyance politique, le plus grand malheur de Louis VII reste son amour inconditionnel pour Aliénor dont il tombe fou amoureux au premier regard. C’est d’ailleurs cette passion qui le conduit à se renier lui-même, à s’opposer à l’Eglise qu’il vénère et à devenir un monarque sanguinaire : "Louis fut l’un des rares monarques à voir juste, écrit Clara Dupont-Monod. Il commençait à comprendre que son amour pour Aliénor l’avait détourné de ses convictions. Il accordait plus de prix au sentiment qu’inspire un pays dans le cœur de ses habitants, qu’à ses batailles remportées. Seul lui importait ce sentiment d’unité, pour lui vertèbre d’un pays. Aliénor pensait au pouvoir. Lui, il pensait politique. (…) Quel gâchis ! Entouré de vrais braves, de conseillers clairvoyants, ce roi aurait marqué l’histoire."

 


Au fil des pages, celle qui avait déjà élevé à la postérité la jeune Juette dans son précédent roman La passion selon Juette (Grasset/Livre de Poche), nous transporte au cœur d'un Moyen-âge en pleine mutation, des noces royales à l’holocauste de Vitry-en-Perthois, en passant par le chant des troubadours ou encore la deuxième Croisade et la tentative de siège de l’imprenable Damas. Un roman vif et tranchant sur une sombre et fascinante époque de l’Histoire de France.

 

 

La page à corner :

 

Quand Aliénor rencontre pour la première fois celui qui deviendra son futur mari : "Et bien sûr, il y a Louis. Son visage brille. Il s’essuie les lèvres. Il a soif. La sécheresse sévit partout, même à Paris où, dit-on, son père Louis le Gros a été transporté pour y mourir. Il sort l’épée. J’attends qu’il abaisse la pointe en guise de respect. Sa main tremble. (…) J’observe ce corps, ce visage et cette épée vacillante. Je devine les discussions interminables, le doute et la morale, la couardise cachée sous l’appétit des mots. Mon avenir se tient là, pâle et languide, dans un écœurant parfum de menthe. Car la vérité m’apparaît : je vais épouser un moine." (p.26)

 



Olivier Simon

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