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26 Décembre 2019

Vanessa Springora publie "Le Consentement", récit glaçant d’une enfance sous l’emprise de Gabriel Matzneff

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Aujourd’hui directrice des éditions Julliard, Vanessa Springora, 47 ans, raconte dans Le Consentement, à paraître chez Grasset le 2 janvier, sa relation avec l’écrivain Gabriel Matzneff alors qu’elle n’a que 14 ans et lui 50. Un récit glaçant qui dénonce l’impunité d’un pédophile notoire et la complaisance de son milieu. Et surtout une prise de parole qui pèse lourd dans le contexte post #metoo. 

Elle n’avait que 14 ans, il en avait cinquante, c’était un dandy littéraire et un pédophile notoire. Et personne, ou presque dans le milieu ne s’émouvait plus que cela de ses relations abusives, répétées, assumées, mises noir sur blanc sous couvert de faire de la littérature, avec de jeunes filles et de jeunes garçons de 12, 13, 14 ans…  

 

Le cas Gabriel Matzneff à l’ère post #metoo 

 

Vanessa Springora, aujourd’hui 47 ans et nouvelle directrice des éditions Julliard, est la première des nombreuses victimes de l’auteur Gabriel Matzneff, 83 ans, à sortir du silence pour dénoncer ce qu’il a écrit et décrit dans ses livres comme des histoires d’amour. Sous un titre plus que jamais chargé de sens en cette ère post #metoo, Le Consentement (Grasset, 2 janvier > lire un extrait), celle qui se cache sous l’initiale V. raconte sa rencontre, à 13 ans, avec cet écrivain qu’elle admire au premier regard et dont elle ignore d’abord la réputation sulfureuse. C’est d’une plume ciselée qu’elle raconte ensuite le premier rendez-vous, le basculement corps et âmes dans une passion anormale, la relation d’emprise qui se noue, et bien sûr l’absence de consentement possible quand se tisse un tel lien fait d’une ambiguïté terrifiante.

 

Rendre au prédateur son ravissement : l’enfermer dans un livre

 

Il aura fallu trente ans pour que V. prenne en retour la plume et rende à G. la pareille de son ravissement en le prenant elle aussi dans les filets de la littérature : "Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre", écrit-elle en préambule de ce témoignage d’une vérité nue et essentielle. 

 

Gabriel Matzneff, quant à lui, aura utilisé la littérature comme alibi à ses agissements pédophiles pendant de nombreuses décennies, baladant sa longue silhouette glabre sur les plateaux de télévision, protégé du tout-Paris littéraire et perpétuant ce système odieux de prédateur-littérateur en toute impunité, comme on le voit dans la vidéo ci-dessous où l’écrivaine Denise Bombardier, seule à s’insurger face à lui, sera remise en place. Espérons que cela ne passera plus. 

 

Lire le portrait de Vanessa Springora dans Le Nouveau Magazine Littéraire 

La revue de presse de Claude Askolovitch sur France Inter le sujet

 

N.S 

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