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06 Novembre 2018

Prix Médicis 2018 : Pierre Guyotat et Rachel Kushner primés

Prix Médecis Idiotie Guyotat Le Mars Club Kuschner

Pierre Guyotat, que le prix Femina a salué hier lundi 5 novembre d'un prix pour son œuvre complète, a été récompensé aujourd'hui mardi 6 novembre du prix Médicis 2018 pour Idiotie (Grasset). Le prix Médicis étranger est quant à lui revenu à Rachel Kushner pour Le Mars Club (Stock).

Mise à jour du 6 novembre 2018 : Pierre Guyotat, tout juste salué d'un prix pour son œuvre complète par le jury du Fémina 2018, a reçu le prix Médecis pour son très beau récit autobiographique Idiotie (Grasset). Faisant suite à Arrière-fond (Gallimard, 2010), un livre qui revenait sur l'adolescence de son auteur, Idiotie s'attache à ses "années de genèse", de 1958 à 1962, du Paris qu'il découvre à l'Algérie où il sera tour à tour conscrit, soldat et enfin hors-la-loi. Décrivant tout de sa "recherche du corps féminin" et [son] "rapport conflictuel à ce qu'on nomme le "réel"", Idiotie fait à la fois preuve d'une maîtrise formelle incroyable, caractéristique de l'œuvre de Pierre Guyotat, tout en rappelant l'importance qu'a eu le romancier et poète sur la vie littéraire française de ces cinquante dernières années comme en témoignait son éditeur Donatien Grau dans une vidéo réalisée autour de la rentrée littéraire Grasset 2018.

Le jury du prix Médecis a également couronné Le Mars Club (Stock) de Rachel Kushner, traduit de l'anglais par Sylvie Schneiter. Un magnifique roman sur une société en marge de l’Amérique contemporaine, abordant tour à tour la vie des détenues de la prison de Stanville, en Californie et la jeunesse de son personnage principal, dans le San Francisco de années 1980.

Rachel Kushner lit un extrait de son roman, Le Mars club

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Vous guettez les sélections des grands prix de l’automne pour faire votre marché en librairie – et comme on vous comprend ? Apprêtez-vous à ajouter quelques lignes à cette pile à lire spécial rentrée littéraire car les listes du Médicis viennent de tomber. 

 

Pierre Guyotat, Nina Bouraoui, Rachel Kushner, Jon Kalmann Stefansson et Brad Watson en lice

 

Alors que nous avons fêté la remise du prix en 2017 à l’Italien Paolo Cognetti pour Les huit montagnes (Stock) et que Yannick Haenel tenait ferme sa couronne dans la catégorie romans français, nous sommes heureux d’y découvrir cette année la présence d’un homme de lettres incontournable dans le paysage littéraire français en la personne de Pierre Guyotat dont Idiotie vient de paraître chez Grasset (voir la vidéo de présentation de son éditeur). La célèbre maison germanopratine place également ses deux romans étrangers de la saison dans la seconde sélection grâce aux plumes envoûtantes de l’Islandais Jon Kalmann Stefansson, auteur de Àsta et de l’Américain Brad Watson pour Miss Jane. Toujours outre-Atlantique, Rachel Kushner représente les éditions Stock avec Le Mars club, plongée saisissante dans une prison californienne en forme de plaidoyer pour les prisonniers victimes d’injustices. Enfin, JC Lattès peut se réjouir de voir figurer l’une de ses auteures phare, Nina Bouraoui, dans la sélection du domaine français avec son très joli récit d’inspiration autobiographique reliant son enfance algérienne à sa jeunesse parisienne, Tous les hommes désirent naturellement savoir

 

Les douze romans français sélectionnés pour le prix Médicis 

 

Pierre Guyotat, Idiotie (Grasset)

Emmanuelle Bayamack-Tam, Arcadie (POL)

David Diop, Frère d’âme (Seuil)

Nina Bouraoui, Tous les hommes naturellement désirent savoir (JC Lattès)

Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux (Actes Sud)

Sophie Daull, Au grand lavoir (Philippe Rey)

Fanny Taillandier, Par les écrans du monde (Seuil)

Franck Maubert, L’eau qui passe (Gallimard)

Carole Fives, Tenir jusqu’à l’aube (Gallimard)

Philippe Lançon, Le Lambeau (Gallimard)

Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah (Minuit)

Catherine Poulain, Le Cœur blanc (L’Olivier)

 

Les dix romans étrangers sélectionnés pour le prix Médicis

 

Selahattin Demirtas L’Aurore, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes (éditions Emmanuelle Collas)

Zadie Smith Swing Time, traduit de l'anglais par Emmanuelle et Philippe Aronson (Gallimard)

Javier Cercas Le Monarque des ombrestraduit de l'espagnol par Aleksandar Grujicic, avec la collaboration de Karine Louesdon (Actes Sud)

Rachel Kushner Le Mars Clubtraduit de l'anglais par Sylvie Schneiter (Stock)

Jon Kalman Stefansson Asta, traduit de l'islandais par Eric Boury (Grasset)

Horacio Castellanos Moya Moronga, traduit par René Solis (Métaillé)

Peter Stamm La douce indifférence du monde, traduit par Pierre Deshusses (Bourgois)

Zoe Valdes Désirée Fe, traduit par Aymeric Rollet (Arthaud)

Brad Watson Miss Jane, traduit par Marc Amfreville (Grasset)

Yiyun Li Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie, traduit par Clément Baude (Belfond)

 

Le jury se réunira de nouveau le 4 octobre pour resserrer ces deux sélections et dévoiler également une liste d’essais avant de proclamer les lauréats le 6 novembre. 

 

La rédaction

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