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16 Février 2016

La psychologie positive : un véritable phénomène en librairie

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La psychologie positive : un véritable phénomène en librairie

La joie, le bonheur, le bien-être, l’épanouissement… Appelez ça comme vous voulez mais une chose est sûre c’est qu’on court tous après. La preuve en librairie avec le succès croissant des livres sur la psychologie positive. Le rayon santé en déborde bien sûr, mais la discipline touche même à présent les loisirs, la cuisine et d’autres domaines. Quelle est l’origine de la psychologie positive ? Comment expliquer ce phénomène éditorial ? Quelles sont les études scientifiques qui la soutiennent  et comment en pérenniser les bénéfices au quotidien ? Laissez-nous vous éclairer sur le sujet. Et en bonus, ne ratez pas notre jeu Testez-Le : remportez un exemplaire de Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore du professeur Michel Lejoyeux (JC Lattès) et devenez l’un de nos testeurs avec les hashtags #testezle et #myboox. Plus d’infos au bas de cet article.

Psychologie positive : des origines au phénomène d’édition

 

Je positive, tu positives, nous positivons… Ça ne vous a pas échappé : les librairies et les classements de meilleures ventes débordent de livres qui nous proposent d’aller mieux, de retrouver le contrôle de notre existence ou davantage de confiance. Qu’ils nous attirent l’œil au rayon santé/bien-être ou qu’ils se camouflent dans les catégories cuisine, loisirs, littérature ou témoignage, et qu’ils ciblent les adolescents ou les seniors, les ouvrages liés de près ou de plus loin à la psychologie positive ont pris le pouvoir !  Ils s’appellent Frédéric Lenoir, Florence Servan-Schreiber, Michel Cymes, Colombe Pringle, Elizabeth Gilbert, Fabrice Midal ou encore Michel Lejoyeux… Ils sont philosophes, médecins, auteurs de littérature ou encore journalistes et tous s’accordent à dire, depuis la chaire qu’ils occupent, qu’il est urgent et pas si difficile de se sentir mieux, de retrouver notre joie de vivre voire d’atteindre les sommets du bonheur grâce à des habitudes simples et de nouvelles pratiques au quotidien !

 

         

 

Une des explications de ce succès auprès des lecteurs de tous âges et de toutes origines provient sans aucun doute du fait que cette tendance "psychologie positive" a une promesse claire et des méthodes simples mais surtout qu’elle s’adresse à tous. Car elle adopte autant de registres que le ton léger du magazine féminin ou le sérieux de l’étude médicale et elle gagne aussi du terrain et de la visibilité dans tous les domaines : du cinéma – on a pu observer récemment le grand succès du film Happiness Therapy (à paraître au Livre de Poche le 2 mars) – aux loisirs créatifs par exemple en passant par le développement de la méditation.

 

Et en cet hiver sinistré par les attentats récents et une actualité globale pas toujours au beau fixe, la tendance semble se consolider. Pour preuve, dans le classement des meilleures ventes d’essais entre le 1er et le 7 février publié par Livres Hebdo, les livres de Frédéric Lenoir, La puissance de la joie (Fayard) et du professeur Michel Lejoyeux, Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore (JC Lattès) sont encore en bonne position tandis que Trois amis en quête de sagesse par Christophe André, Alexandre Jollien et Mathieu Ricard (L'Iconoclaste) talonne Nicolas Sarkozy et Christiane Taubira sur le podium de tête. Le nouveau livre de Michel Cymes, Vivez mieux et plus longtemps (Stock) était, quant à lui, premier des ventes sur Amazon le week-end du 13 février. On observe aussi par exemple sur les réseaux sociaux, un engouement durable, surtout des jeunes lectrices, pour le best-seller de Florence Servan-Schreiber, 3 kifs par jour (Marabout) (elle a, depuis, publié Power Patate, Dîner de kifs et Avant, je n'étais que moi).

 

         

 

Mais d’où vient cette tendance éditoriale ? Avant de toucher autant de domaines, la psychologie positive est un véritable courant. On attribue sa création en 1998 au professeur Martin Seligman,  président de l’American psychological association, comme le rappelle le professeur en psychologie Martin Benny dans une émission sur Choq, la radio étudiante de l’université du Québec à Montréal. Le mot d’ordre de cette discipline est alors de s’intéresser à ceux qui ne présentent pas de troubles psychologiques pathologiques mais que le champ de la psychologie oublie souvent. Pour le dire vite, la psychologie positive s’intéresse à ceux qui ne sont pas malades mais qui veulent aller mieux, c’est à dire vous et moi, c’est à dire tout le monde. Le fait que Martin Seligman soit un scientifique et qu’il s’appuie alors sur des recherches sérieuses a permis les évolutions que l’on connaît aujourd’hui et l’intégration de nouvelles recherches.

 

Le mot du pro

 

Mais place au mot du pro avec le professeur Michel Lejoyeux, directeur des services de psychiatrie et d'addictologie des hôpitaux Bichat et Maison Blanche, professeur à l'université Paris 7 et auteur, chez JC Lattès, de Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore.

 

MyBOOX : Qu’appelle-ton précisément la psychologie positive et quand est-elle née ?

 

Michel Lejoyeux : Longtemps la psychologie s’est intéressée aux maladies. L’idée de la psychologie positive est de s’intéresser moins au désordre de l’esprit humain, qu’aux manières d’aller bien et aux manières d’aller mieux quand on va déjà bien. C’est aussi surtout un phénomène éditorial. Mais à l’origine, c’est le professeur Martin Seligman qui a beaucoup travaillé sur les notions de bonheur et de bien-être.

 

Vous revendiquez-vous de ce courant et pourquoi ?

 

Oui, à condition qu’on ne se coupe pas du bon sens médical. Mes travaux souhaitent obtenir les effets de la psychologie positive, c’est à dire le fait d’aller bien, mais par des approches beaucoup plus globales et médicales que la psychologie positive. Je ne suis pas psychologue, je suis professeur de médecine et j’ai découvert qu’on pouvait aller plus vite et plus loin dans les objectifs de la psychologie positive en lui intégrant aussi un certain mode de vie, de pensée et un fonctionnement du cerveau.

 

Selon vous, pourquoi la psychologie positive se développe-t-elle autant à travers les livres en ce moment ?

 

Dans la situation de sinistrose collective que nous vivons, cette proposition d’aller mieux, cette idée qu’on a véritablement à sa portée des moyens pour aller mieux, est une proposition qui intéresse et qui est légitime. D’un côté les actualités vous disent que le monde est foutu, qu’on va mourir de la pollution, du terrorisme ou de je ne sais quoi et de l’autre on nous dit qu'on a en soi des ressources pour aller mieux. Ce sont deux choses qui fonctionnent symétriquement.

 

Vous dites que les états passagers de déprime sont normaux voire sains…

 

C’est ça qui me différencie probablement des "intégristes" de la psychologie positive. Je ne pense pas qu’il faille obligatoirement mettre à distance ou considérer comme pathologiques les émotions négatives. Le fait d’avoir de temps en temps des émotions négatives me paraît un signe de santé et du fait qu’on est vivant. D'ailleurs, ceux qui reconnaissent leurs émotions, même négatives, font cinq fois moins de dépressions et trois fois moins de maladies du cœur. Pour le dire autrement, quelqu’un qui aurait abordé uniquement sur le mode de la psychologie positive les attentats récents m’aurait beaucoup inquiété. C’était normal qu’on aille mal à ce moment-là.

 

Selon vous, il existe des méthodes simples pour sortir de la morosité. Quelles sont elles ?

 

Les limites de la psychologie positive telle que je la vois c’est qu’elle n’utilise pas assez les données de la médecine. Il y a des techniques médicales validées scientifiquement pour aller mieux, pour déclencher ce que j’appelle la fabrique à bonne humeur qu’on a sous le crâne. La technique indiscutable et qui a, en fait, peu à voir avec la psychologie positive, c’est l’activité physique. On a identifié l’ordonnance idéale d’exercice physique : environ deux heures et demi par semaine en bougeant les bras avec des mouvements assez amples mais surtout sans aller jusqu’à l’épuisement car il crée du stress.

 

Que pensez-vous des nouvelles théories santé sur l’intestin comme deuxième cerveau ?

 

Certaines études ont en effet évalué le degré de bonne ou de mauvaise humeur en fonction de ce que les personnes mangeaient. Les personnes qui mangent régulièrement du cornichon, par exemple, ont un niveau de bonne humeur plus élevé que ceux qui n’en mangent pas. C’est là qu’on rejoint l’intestin comme deuxième cerveau : ces nouveaux aliments que l'on appelle des psychobiotes vont faire fabriquer de la sérotonine pas l'intestin du fait de l'acidité par exemple, laquelle sérotonine va remonter au cerveau. Tout notre corps est très connecté. C’est pour cela que la psychologie positive n’est qu’une manière d’aller bien – et c’est une manière intéressante – mais il y a aussi des approches corporelles qui nous permettent d’aller mieux.

 

Certaines théories avancent qu’on a tous un capital bonheur défini de manière innée… Qu’en dites-vous ?

 

Comme pour tout en médecine, il y a des facteurs de risques. Bien sûr si vous avez des évenements de vie difficiles vous êtes plus à même d’être malheureux. Mais cette information ne doit pas être une incitation à la passivité. Au contraire, en ce qui concerne la bonne humeur et la bonne santé, il n’y a pas de lésions, rien n’est irréversible. C’est la nouveauté de mon livre : il n’y a aucune fatalité sur la déprime ou la mauvaise humeur pourvu qu’on agisse sur la psychologie positive comme le style de vie.

 

La parole aux lecteurs

 

Ils partagent les couvertures de leurs dernières acquisitions en librairie ou des citations sur le thème du bonheur et de l’épanouissement personnel et s’encouragent les uns les autres : à n’en pas douter, les twittos et les utilisateurs d’Instagram ont pris le virage de la psychologie positive. La preuve avec ces quelques posts.

 

    

 

 

 

  

 

 

#TestezLe avec MyBOOX

 

 

Si ce n'est déjà le cas, vous aussi adoptez la tendance psychologie positive ! 5 exemplaires de Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore de Michel Lejoyeux (JC Lattès) sont en jeu ici. Tentez de remporter cet ouvrage et de devenir l’un de nos testeurs. Pour cela rien de plus simple : donnez-nous votre avis sur le livre ici, et sur les réseaux avec les hashtags #testezle et #myboox ! C’est par ici que ça se passe !

 

 

 

Noémie Sudre

 

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