Vous êtes ici

25 Janvier 2019

Simon Liberati présente "Occident"

Partager via Facebook
Partager via Twitter
Partager via Pinterest
Partager par Mail
Imprimer la page

Après California girls et Les Rameaux noirs, Simon Liberati publie Occident (Grasset), une grande fresque romanesque et romantique au sens littéraire du terme, mûrie pendant dix ans, où l'on suit la trajectoire d'un peintre d'abord pris au piège d'une femme fatale et d'une vie libertine et corrompue avant de commettre un acte libératoire pour retrouver la "vertu originelle de l'âme occidentale"

 

Après un roman consacré à décrire de manière clinique et hallucinée les 36 heures de dérive meurtrière ayant abouti au meurtre de Sharon Tate et un essai où il questionnait la transmission littéraire de son père, poète surréaliste, Simon Liberati semble s’autoriser avec Occident à nous livrer son roman le plus libre, le plus fou, celui qui, finalement, lui ressemble le plus. 

Un personnage aux prises avec le rapport de la fatalité et du voeu

D’abord parce que son personnage principal et narrateur, Alain Le Roy – nom inspiré directement du Feu follet de Drieu La Rochelle – tire sa matière romanesque de la vie passée de l’auteur lui-même. Peintre classique "à la Balthus", obsédé par la pureté du geste pictural qu’il relie à une spiritualité aux antipodes du monde moderne, il se corrompt dans une vie décadente et libertine, remettant son art et son destin aux mains d’une femme nommée Poppée. Il s’arrachera finalement à cette figure de la fatalité dans un sursaut lui rappelant son attachement supérieur à Emina, une très jeune femme atteinte d’une maladie mentale, qu’il n’a jamais cessé de représenter dans ses toiles. 

Un long  poème en prose, "coeur magique" du livre

Avec l’apparition progressive de cette figure fantasmée, le roman bascule à la faveur d’un changement de point de vue, du côté de la folie, remobilisant des motifs baroques et surréalistes chers à l’auteur. Socle du livre enserré par l’histoire d’Alain, écrit comme un long poème en prose et inspiré d’écrits de schizophrènes étudiés par Simon Liberati, "le monologue d’Emina" - qui n’est pas sans rapport avec Eva – se veut le "cœur magique" du livre. Il a d’ailleurs préexisté dans l’écriture au reste du roman que l’auteur aura mis dix ans à nous livrer sans jamais perdre son titre de vue. 

Car c’est bien cette notion de "la vertu et de l’âme occidentale" qu’il questionne tout au long de ce roman plein de souffle aux prises avec la vie elle-même. 
 

Vidéo réalisée par Noémie Sudre
Cadrage : Yves Czerczuk 
Montage : Noémie Sudre

A lire aussi

Après deux premiers romans très remarqués, L’Éveil et Toni (Stock), la jeune Line Papin poursuit son chemin en littérature sous le regard...
Depuis de nombreuses années, Ginette Kolinka parcourt la France pour raconter dans les écoles l'enfer des camps d'extermination où elle a été...

14 Juin 2019

Qui n'a jamais rêvé de pouvoir se téléporter dans l'univers d'une série, afin d'en découvrir tous les moindres secrets ? C'est...