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23 Avril 2019

Clémentine Autain nous parle de son livre "Dites-lui que je l'aime"

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On le sait peu : la femme politique Clémentine Autain est la fille de l'actrice Dominique Laffin, comédienne flamboyante des années 1970 ayant tourné avec les plus grands, morte soudainement à 33 ans et aujourd'hui en partie oubliée. Elle nous raconte ici le double mouvement qui l'a menée d'une écriture de la colère - comment régler ses comptes avec une mère défaillante et partie trop tôt, que faire de tous ces souvenirs douloureux ? - à l'apaisement en découvrant le visage d'une femme également solaire et émancipée dont elle a finalement pris beaucoup.

"J'avais très peur de la sortie du livre parce que cela ne se fait pas quand on est une femme politique de faire un récit intime, un récit personnel... J'ai eu l'impression de faire un saut à l'élastique", explique Clémentine Autain quelques semaines après la parution de son livre, Dites-lui que je l'aime (Grasset) consacré à sa mère, l'actrice Dominique Laffin. Mais plus on l'écoute parler plus on se persuade qu'il y a une vraie cohérence entre ce geste d'écriture et son parcours, sa figure publique. 


Un mouvement d'écriture de la colère à l'apaisement
 

Poussée par son entourage, elle couche d'abord sur papier pour elle-même pendant pas moins d'un an et demi, toute une série de souvenirs sombres aux côtés d'une mère alcoolique et dépressive - l'empêcher de sauter par la fenêtre d'un hotel en Grèce, la retrouver ivre morte sous un train à la gare... - et tente, tant que faire se peut, de régler les comptes qu'elle n'a pas pu solder depuis la mort soudaine de Dominique Laffin à l'âge de 33 ans alors qu'elle-même n'en a que douze. Puis c'est en interrogeant les proches de sa mère qu'a émergé de nouveau tout un pan de sa mémoire enfouie : les bons souvenirs existaient. Oui, sa mère était aussi cette comédienne solaire, virtuose, à la voix cassée et aux nuits agitées, si emblématique des années 1970 que l'on a vue devant la caméra des plus grands dont Jaques Doillon, Claude Miller ou encore Claude Sautet, cette jeune femme fragilisée par la vie mais assez forte pour jeter son verre au visage d'Alain Delon suite à une remarque sexiste... 

 

"Une femme qui a cherché une équation nouvelle pour être libre"


Et oui, Clémentine Autain, qui s'est pourtant construite en opposition au désordre mortifère dont elle a pu être témoin enfant, a hérité beaucoup de choses de Dominique Laffin : "Je pense à présent aussi à elle comme une femme qui a cherché une équation nouvelle pour être libre (...). Et j'en retire une conviction, c'est que la liberté, ce n'est pas faire ce qu'on veut à tout instant : la liberté c'est une chose qui se construit. Et je pense que c'est une génération de pionnières qui ont déffriché des choses mais s'y sont parfois perdues." Ce faisant, la députée peint un autoportrait très éloigné de son image publique et nous propose une réflexion universelle sur la filiation, la mémoire et la transmission, notamment de mère en fille. 

 

Réalisation, montage : Noémie Sudre 

Cadrage, lumière et son : Yves Czerczuk

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