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03 Juillet 2018

Romain Lemaire : "J'avais envie de raconter mes propres histoires"

Passionné depuis toujours par le dessin et tout jeune auteur de Everdark, Romain Lemaire entre dans la sphère restreinte des mangaka français, au même titre que son cousin Reno Lemaire, auteur de Dreamland. À l'occasion de la sortie imminente du premier tome de sa série le 4 juillet prochain, et à quelques jours de la Japan Expo, nous avons pu interroger Romain Lemaire sur son oeuvre, ses inspirations mais également son parcours.

Hachette.fr :  Pouvez-vous présenter Everdark : ses personnages, son univers... ? 


Romain Lemaire : Everdark est un shōnen (manga destiné aux jeunes garçons au Japon, ndlr) de fantasy où vous suivez les aventures d’un jeune garçon appelé Neer. Il combat l’empire Solaris qui utilise des énergies que le héros juge néfastes : l’énergie des Veilleurs, qui sont des sortes de divinités pétrifiées dans le décor. 

Vous avez longtemps travaillé en tant qu’assistant aux côtés de votre cousin Reno Lemaire pour Dreamland. Est-ce cette expériennce qui vous a donné envie de vous lancer ?


En fait, cela remonte à plus loin. Je dessine vraiment depuis le plus jeune âge, même avant le collège. Au lycée, j'avais même pris toutes les options d'arts plastiques pour le bac ! Quand je suis arrivé à la fac, je me demandais ce que je voulais faire. J'étais sûr de vouloir dessiner, mais il y avait plusieurs options. J’avais envie de raconter mes propres histoires, donc que je devais essayer la bande-dessinée. J’étais dans ma troisième année de fac d’arts plastiques quand Reno m’a demandé d’être assistant sur Dreamland. Au début, j’ai commencé à l’aider pour quelques cases, et à partir du tome 4 nous avons travaillé main dans la main pour les décors et la trame sur des chapitres entiers. C’est là que je me suis rendu compte que c’était carrément ce que je voulais faire, dans ce format surtout.


Le manga, c’était une évidence par rapport à la BD ? 


Dans la BD, il y a beaucoup de formats différents. J’avais fait quelques petits tests de story-boards sur moins de deux pages dans de la BD franco-belge, mais je n’étais pas satisfait. Je ne parvenais pas à quelque chose d'intéressant en si peu de pages. J'aime explorer mes univers et être très pointu. Le manga ayant la particularité de faire 200 pages, il permet plus de flexibilité au niveau narratif. Après, je me suis dit que ça allait être très dur, parce que tout seul, il faut avoir le niveau. Quoiqu’on en dise, les lecteurs nous compareront toujours aux japonais, et c’est la règle du jeu. Cela demande beaucoup de travail, mais je suis allé au bout de ma passion. 

Quelles sont vos influences en termes graphiques mais également du côté scénaristique ?


Je ne sais pas pour les auteurs de BD en général mais moi je m’inspire de tout : du cinéma, de romans, de mes amis, de la vie en général. On fait feu de tout bois. Si on parle des influences en BD à proprement parler, du côté du récit il y a beaucoup de choses en franco-belge. Quand j’étais petit, je lisais les classiques : Les Astérix, Le petit Spirou ou encore Gaston Lagaffe. Puis, plus tard en grandissant, Enki Bilal. C’est vrai que j’étais plus attiré par la science-fiction. Mais côté manga j’adore Bersek, de la dark fantasy signée Kentaro Miura. Et en shōnen pur il y a Dragon Ball qui a révolutionné les codes au niveau du combat. Et beaucoup d'autres choses spécifiques dans beaucoup d'oeuvres que je ne pourrais pas détailler…Dans le cinéma j’adore tout ce qui provient des années 1980, la science-fiction…

Combien d’années de travail ont-elles été nécessaires pour ce projet ? 


Everdark est dérivé d’une série que j’avais commencé quand j’étais au lycée. Mais avec le recul, elle s'est avérée ne pas être un choix judicieux pour une première série : c’était de la dark fantasy, donc vraiment pour un public un peu plus agé. Pour une première série, si je voulais le plus large public possible, il valait peut-être mieux atténuer la violence, ajouter de l’humour et créer des personnages auxquels les lecteurs pourraient facilement s’identifier. Et si tout se passe bien et que j’ai la chance de convaincre le public, rien ne m’empêche, un jour, de reprendre la série que j’avais imaginée dans un premier temps.

Peut-on s’attendre à de nombreux volumes pour Everdark 


Ce que je peux vous dire, c'est que j’ai mon début et ma fin. J'ai 5 tomes quoi qu’il arrive. À moi ensuite de convaincre les lecteurs en 5 tomes. Et si Pika Edition me dit que la série fonctionne très bien et que je peux la continuer, pas de soucis, j’ai de quoi faire car mes personnages ont beaucoup de choses à dire. Ce serait mon plus grand souhait de pouvoir réaliser mon histoire telle que je l’ai imaginée à la base, et elle fait plus que 5 tomes ! 

Travaillez-vous d’ailleurs d’ores et déjà sur les tomes suivants ?


Oui ! Actuellement je suis sur le story-board du tome 3. Quand on commence une série, il vaut mieux que les trois premiers tomes sortent coup sur coup pour toucher les lecteurs et ne pas les faire patienter. Il y a une concurrence assez rude dans le milieu du manga japonais, chinois et autres. C‘est la règle du jeu et je l’accepte tout à fait. Donc les trois premiers tomes sortiront coup sur coup, et quand j’aurais un bon rythme de croisière j’espère que je pourrais m'y remettre le plus vite possible, tout en gardant un niveau de qualité satisfaisant pour moi et pour mes lecteurs. 
 

Travaillez-vous exclusivement sur ce projet ou avez-vous une autre activité ? 


En ce moment j’avoue que ça me prend tout mon temps. C’est un truc de dingue ! Mais j’ai la chance d'être aidé par une amie auteure pour les couleurs. Sans elle je galèrerais. Je m'occupe donc de tout ce qui est création de l’univers, story-boards, personnages, et elle m’aide pour les huit pages couleurs et la couverture.


Comment organisez-vous votre temps de travail sur Everdark ?


Ça dépend. J'ai parfois un rythme de travail habituel : je me lève très tôt le matin, je ne m’arrête pas et je peux continuer très tard la nuit. Ou au contraire, je peux avoir un rythme inversé : travailler la nuit et dormir le jour. Mais avec les dédicaces qui arrivent il va falloir arrêter pour être en forme et attentifs aux lecteurs qui viennent me voir. 

Avez-vous des dédicaces prévues prochainement notamment à la Japan Expo 2018, qui débutera dans peu de temps ?


Everdark sort le 4 juillet, jour de ma première dédicace à la FNAC de La Défense. J'enchaîne le lendemain à la Japan Expo jusqu’au 8 juillet. Et après j’ai d’autres dédicaces dans le sud, et jusqu’à la fin de l’année en décembre ça ne s’arrête pas. Et le planning définitif n'est pas encore fixé. Je vais voir du pays, il y a plein de coins que je ne connais pas !  

 

Propos recueillis par Laurie Fusi

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