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20 Août 2013

Quand Sorj Chalandon nous fait traverser le "Quatrième mur"

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Quand Sorj Chalandon nous fait traverser le "Quatrième mur"

Deux ans après son Grand prix du roman de l’Académie française pour Retour à Killybegs (Grasset), Sorj Chalandon quitte l’Irlande et l’IRA pour s’attaquer, avec Le quatrième mur (Grasset), à la guerre du Liban.

Sorj Chalandon en un clin d'oeil : 

Journaliste à Libération pendant plus de trente ans, Sorj Chalandon est aujourd’hui l’une des signatures du Canard enchaîné. Il a reçu le prix Albert-Londres en 1988 et le prix Médicis en 2006 pour Une promesse (Grasset). Lire la biographie de Sorj Chalandon. 

 

Pourquoi on aime "Le quatrième mur" : 

 

Le quatrième mur c’est l’histoire d’une promesse, celle faite par Georges à Sam, un triste jour de janvier 1982. Alors que son ami – rencontré quelques années plus tôt dans un meeting étudiant d’extrême gauche – est sur le point d’être emporté par un cancer fulgurant, Georges accepte de reprendre le projet que le malade avait entamé : monter l’Antigone d’Anouilh dans un Beyrouth déchiré par la guerre civile. Malgré les larmes de sa femme Aurore et les gazouillis de sa fille Louise, le voilà donc qui s’envole direction le Liban. Arrivé sur place, il découvre la capitale en ruine, les camps de réfugiés palestiniens encore "plus pauvres, plus tristes, plus désorientés" que Beyrouth, et fait la connaissance de ses comédiens. Contrairement à ce que s’était imaginé Sam depuis son lit d’hôpital, sur place, personne ne croit à ce projet loufoque. Georges a du pain sur la planche.

 


Mais ne vous méprenez pas : Le quatrième mur n’est pas un roman sur le théâtre. Si Antigone, pièce aussi multiple qu’atemporelle, n’a pas été choisie au hasard (la première d'Anouilh avait été jouée en 1944, en pleine occupation allemande), le vrai "sujet" du livre c’est la guerre. Cette guerre qui, au fil des pages et des coups de feu, s’empare de Georges. La France, la paix, les rires de sa fille, les déjeuner en famille : Georges oublie peu à peu sa vie et ses plaisirs d’avant. "Aurore et Louise m’attendaient derrière les grilles, après la porte coulissante de l’aéroport. Ce n’était ni ma femme ni ma fille que je retrouvais, c’était ma vie d’avant toute entière. […] Survolant Beyrouth, front contre le hublot, j’ai laissé le chagrin me prendre. Je ne comprenais plus pourquoi je rentrais. Pourquoi je ne restais pas là, à faire répéter les uns et les autres" se dit-il ainsi lors de l’un de ses nombreux allers-retours entre le Liban et la France.

 


Avec Le quatrième mur, c'est surtout l’histoire de ces hommes comme les autres qui deviennent des monstres sur le champ de bataille que nous raconte Sorj Chalandon. De ces hommes qui, comme Georges, perdent pied pour se noyer dans l’horreur.

 

La page à corner : 

 

Le 26 mars 1973, Georges et ses camarades d'extrême-gauche tentent de reprendre la fac d'Assas à leurs opposants d'extrême-droite. C'est un échec et le jeune homme se fait passer à tabac dans le parc du Luxembourg : "Je n'ai pas crié. Rien. Je crie quand je donne, pas lorsque je reçois. [...] J'explosais. Je ne savais pas ce qu'était la souffrance, la vraie, celle pour la vie. Je la rencontrais. [...] Ma tête, ma nuque, mes bras, mes jambes, tout mon corps craquait. D'une main, j'ai baissé mon casque sur mon front. Et un rat a frappé juste. Le genou droit sans protection. Une douleur de mort, une lâme brûlante qui m'a parcouru le dos et explosé le crâne. Je ne marcherai plus. Plus jamais." (p.72)

 

"Le quatrième mur" dans la presse: 

 

"Le théâtre comme une trêve, le jeu comme acte de résistance, la tragédie comme arme de paix. Dit ainsi, la profession de foi parait candide et dérisoire. Romancé par Sorj Chalandon, c'est poignant." Charlotte Pons, Le Point

 



"En oubliant l’espoir et en embrassant la tragédie, Sorj Chalandon signe l’un des plus beaux romans de la rentrée." Pauline Le Gall, Evene

 



"Brûlant, fiévreux et désespéré, d'une violence inouïe, Le Quatrième Mur explose comme une bombe à fragmentation dans l'esprit du lecteur dont il hantera longtemps la mémoire." Thierry Gandillot, Les Echos

 




Emma Aurange

Une promesse
Avis des lecteurs : 4/5 4 Donner un avis
Nous sommes en Mayenne, une maison à l’orée d’un village. Tout est silencieux, les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, sept amis en franchissent le seuil. Les uns après les autres, chacun son tour et chacun sa tâche. S’accomplit ainsi le serment de sept âmes...
Paru le : 
03 Janvier 2008

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