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25 Février 2014

Olivia Elkaim : l'apprentissage de la maternité en milieu hostile

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Olivia Elkaim : l'apprentissage de la maternité en milieu hostile
Les graffitis de Chambord
Trois hommes. Trois époques. Trois histoires. 2006 – Trevor est banquier d’affaires. Homme sans passé ni passion, il vit dans un grand appartement à Paris. Il ne connaît pas l’amour, ne cherche pas d’amitiés. Depuis que ses parents sont morts, il est seul et pleure parfois...
Paru le : 
03 Septembre 2008

Nous étions une histoire (Stock), ou quand la maternité force à s'interroger sur l'histoire dans laquelle on s'inscrit... Le troisième roman d'Olivia Elkaim est une plongée intime dans l'héritage familial.

Olivia Elkaim en clin d'oeil : 

 

Journaliste, Olivia Elkaim est l’auteur de trois romans : Les Graffitis de Chambord (Grasset, 2008), Les Oiseaux noirs de Massada (Grasset, 2011) et Nous étions une histoire (Stock, 2014). Lire la biographie d'Olivia Elkaim.

 

Pourquoi on aime "Nous étions une histoire" :

 

Les gens heureux n’ont pas d'histoire, dit-on. Quand Anita tombe, à la naissance de son fils, dans ce qui ressemble à un puits sans fond, elle part sur les traces de la sienne. Elle qui est jeune maman remonte de mère en mère. Laissant son enfant à son compagnon, elle s’exile à Marseille afin de marcher dans les pas d’Odette, sa grand-mère immigrée de Tunisie, et de Rosie, cette mère malaimée et mal aimante. Anita l’a connue femme au foyer, à présent Rosie est une business woman. Cette femme là, Anita ne la connaît pas. Quand la fille accouche, la mère est en thalasso.


 

Patiemment, douloureusement, Anita assemble les pièces d’un puzzle en forme de triangle féminin, cherchant à comprendre de quel rouge sont gorgés ces liens dits du sang. Et ce qui fait une famille. Il y a des marches qu’on se doit d’explorer avant de passer à la supérieure. 

 

Les chapitres s’enchaînent comme les séquences d’un film. Changent les lieux, les époques, la lumière. On est à Paris de nos jours, on prend le train jusqu’à Marseille. On est à Marseille au début des années 60 ou quinze ans plus tard. On traverse la Méditerranée et voici Tunis, Carthage encore avant. On est au cinéma et on remonte le fil d’une lignée de femmes qui n’ont pas décidé de tout mais ont su garder la tête haute. Des femmes pétries de contradictions, à la fierté touchante, attachantes, et dans leur sillage des hommes que l’on se prend à aimer. Car l’amour est là, aussi, entre les pages. Par son écriture aérée et lumineuse, rafraîchissante comme un bain de mer, Olivia Elkaim sait lui faire éclabousser les tourments.

 

Ce n’est pas la première fois que le tabou de ce que se doit d’être l’enfantement est brisé en littérature. Mais c’est quelque chose de plus vaste qu’interroge Olivia Elkaim dans son troisième roman. Les fantômes du passé. Les enfants morts. Ceux qui, simplement, ne sont jamais nés. Et dont on entend encore les voix. Longtemps. Eternellement, peut-être. Ces choses silencieuses qui se transmettent. Le transgénérationnel. Les blessures invisibles. Comment l’on compose avec ce que l’on reçoit – même si l’on s’en défend. Ce qui menace l’équilibre. Ce qui nous tient debout. Ce qui fait qu’on flanche. Ce qui permet que l’on se relève. "Sept fois à terre, huit fois debout" dit le proverbe yiddish.
 

 

La narratrice s’engage sur son champ de guerre intérieur parce qu’il n’y a plus que cela qui puisse la sauver. Sur le thème classique du "regarde d’où tu viens pour savoir où tu vas", Olivia Elkaim brosse un livre sensible, intime et juste, qui est avant tout le roman de la quête d’un héritage et de la conquête d’une d’identité. Être mère s’apprend ; démonstration est ici faite qu’être fille aussi.

 

La page à corner :

"Odette, Rosie et moi, nous nous sommes vraiment rencontrées à ce moment-là, quand je suis sortie de la maternité.  Je me reposais dans la chambre à coucher au premier étage. Mais en réalité, je me débattais dans les tranchées. Verdun, forêt d’Argonne, Chemin des Dames." (p. 38)

 

"Nous étions une histoire" dans la presse :

"Un beau roman sur l’apprentissage de la maternité." Isabelle Spaak,  Le Parisien.

 


Sophie Adriansen

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