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"Mon amour," : donner la vie, aimer et souffrir

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"Mon amour," : donner la vie, aimer et souffrir
Deux ans après son premier roman, Chambre 2, (Belfond) Julie Bonnie revient avec Mon amour, (Grasset) et confirme qu’elle sait raconter le corps des femmes et la maternité comme personne. Un deuxième roman, épistolaire cette fois, déjà salué par le jury du prix Orange du Livre qui lui a attribué une mention spéciale lors de son édition 2015.

Julie Bonnie en un clin d’œil : 

Julie Bonnie est de celles qui ont vécu 1000 vies en une. Longtemps chanteuse et violoniste, elle a parcouru le monde avec ses différents groupes, puis en solo, avant de devenir puéricultrice dans une maternité. Son premier roman paru en 2013, Chambre 2 (Belfond), a remporté le prix du roman Fnac. Lire la biographie de Julie Bonnie. 

 

Pourquoi on aime "Mon amour," : 

Mon amour, c’est l’histoire d’un homme et d’une femme. Lui est pianiste, et vient de se lancer dans une tournée d’un mois aux quatre coins du monde. Elle, est restée à Paris aux côté de Tess, leur fille de cinq jours. Il l’appelle "Ma fée". Elle l’appelle "Mon amour". A des kilomètres l’un de l’autre, ils se racontent dans ces lettres jamais envoyées tout ce qu’ils ne se seraient pas dit par téléphone, la passion, la déprime et les rancœurs. 

 

Car "Mon amour" ne s’est pas rendu compte en laissant sa "Fée" qu’elle n’était plus la même. Qu’elle n’était plus la même et qu’elle avait mal. Une souffrance bien ancrée dans ce ventre vide et pendant, entre ses jambes endolories et dans cette fatigue permanente. La fée est désormais une mère qui a peur de ne plus jamais être une femme. Quant à "Mon amour", il n’est plus trop sûr d’avoir voulu ce qui lui arrive. D’avoir le temps pour une famille, lui qui doit travailler toujours plus pour être encore meilleur, et qui ne se trouve jamais assez bon. Lui qui n’arrivera peut-être jamais à la cheville de ce père qui l’a abandonné. 

 

Ce qui n’était au départ qu’un dialogue s’enrichit rapidement d’autres voix. Il y a George, le peintre tourmenté, Mathilde, la vieille copine exilée et Tess, toujours au centre de tout. Chaque personnage éclaire les autres, donnant au couple chaque fois un peu plus d’épaisseur.  Mon amour, n’est pas un roman d’action et tant mieux : c’est dans l’introspection que Julie Bonnie est la meilleure. Ses personnages tout en nuances sont ciselés avec une patience extrême. On vit la douleur étouffée de "Ma fée" comme les doutes corrosifs de "Mon Amour". Comme eux, on s’émeut du petit souffle saccadé de Tess, de la beauté d’une partition et de la chaleur du bitume parisien. Comme eux, on est parfois en colère, souvent même. Et comme eux, on vit cette grande valse post-partum sans poser le pied par terre, portés par le style juste et limpide de Julie Bonnie. 

 

La page à corner : 

Perdue, la "Fée" de Julie Bonnie doute. La maternité la remplit d’un amour inédit et plus intense que jamais, mais le jeu en valait-il la chandelle ? : "Il y a une fille qui habite mon corps et qui préférerait être seule aujourd’hui. Sans homme, sans enfant. Je la balaie chaque fois qu’elle pointe le bout de son nez, mais elle murmure dans le creux de mon oreille que ma nouvelle vie est un cachot dont on ne sort plus. Je ne serai plus jamais celle que j’étais." (p. 54)

 

"Mon amour," dans la presse : 

"A 43 ans, Julie Bonnie excelle aussi bien à dire l'égoïsme et la fragilité du créateur qu'à décrire l'absolutisme et la vulnérabilité d'une jeune mère. Une double compétence fort louable." Marianne Payot, L’Express

 

"Après Chambre 2 que j’avais tant aimé, voici un livre à la construction tout aussi maîtrisée, et au style qui confirme le talent de son auteur. Mon amour, est un roman qui dit ce que d’autres n’osent pas – que de la vie, on ne se remet pas. Et que ce n’est pas si grave." Sophie Adriansen, Actualitte

 

Photo : © JF Paga / Grasset

 

Emma Aurange

Mon amour,
Avis des lecteurs : 2/5 1 Donner un avis
« Nous ne nous sommes rien dit. Tess a pris toute la place. Puis tu es parti en laissant entre nous un vide silencieux. Tu sais bien faire ça. Ce que tu choisis d’ignorer disparaît. Si on n’en parle pas, ça n’existe pas. Tu dis qu’il ne faut pas se gâcher l’existence...
Paru le : 
04 Mars 2015

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