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19 Avril 2018

Les premiers pas dans la vie professionnelle contés dans "Les Stagiaires" de Samantha Bailly

Les Stagiaires
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Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent d’horizons différents, mais ils rêvent tous de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative...
Paru le : 
23 Août 2017

Une fiction terriblement réaliste et sensible sur la difficulté à s’insérer dans le monde du travail, dans laquelle se succèdent les moments de vie quotidienne et tracas de la vie professionnelle.
Les Stagiaires est le premier volet de la trilogie de Samantha Bailly, dont le dernier tome (Indéterminés) est récemment paru chez JC Lattès. 
 

Samantha Bailly en un clin d'oeil

Fantasy, romans contemporains, contes, ou encore mangas : aucun genre n’échappe à Samantha Bailly. Saluée par le prix imaginales des lycéens en 2011 pour son premier roman La langue du Silence, l’auteure de 29 ans semble depuis ne plus s’arrêter. Le dernier en date, Indéterminés, est récemment paru chez JC Lattès et clôture ainsi la trilogie Les Stagiaires. Egalement très présente sur les différents réseaux sociaux, Samantha Bailly tient par ailleurs une chaîne Youtube ou, en plus de présenter ses lectures et sa bibliothèque, propose des conseils d’écriture à ses abonnés. L’auteure est également présidente de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. 

 

Pourquoi on aime Les Stagiaires

Ah, le stage ! Ce passage obligatoire pour une grande majorité d’étudiants. Une étape de la vie professionnelle incroyablement bien décrite par Samantha Bailly dans Les Stagiaires, premier tome de sa dernière série, et dans lequel nous suivont les deux apprentis travailleurs Ophélie et Arthur. D’un chapitre à l’autre, nous alternons les points de vue entre ces deux personnages, avec d’un côté la provinciale fraîchement arrivée à Paris, et de l’autre le parisien aisé sortant d’une grande école de commerce. 


Comme le titre du roman l’indique lui-même, Les Stagiaires aborde avec justesse ces premières expériences professionnelles mal payées que sont les stages, la difficile expérience de la vie d'entreprise, mais aussi l’étape compliquée de l’insertion dans le monde du travail. Au-delà de ces déjà-très-gros-petits-tracas, ce roman pointe du doigt tous les soucis du quotidien lorsque l’on est stagiaire : les problèmes financiers et de logement, mais aussi dans le cas d’Ophélie, le fait d'avoir à quitter ses proches et de découvrir une nouvelle ville. Si, à priori, les personnages tant principaux que secondaires semblent tous êtres des clichés ambulants, leurs traits stéréotypiques sont surtout nécessaires pour mettre en avant une cohabitation entre tous ces individus issus de milieux différents au sein d’une entreprise. Fort heureusement, au delà de cela, leur évolution et leur psychologie profonde permettent de voir en eux des personnages complexes, ni vraiment enfants, ni vraiment adultes. Par exemple, si Arthur est un prétentieux auto-desctructeur que l’on adore détester, il s’avère qu’il n’en est pas moins humain et nous sommes finalement surpris de l’apprécier en découvrant ses pensées et ses états d'âmes. Quant à Ophélie, sa sensibilité et sa détermination font d’elle un personnage attachant, auquel le lecteur peut facilement s’identifier. 


Un roman qui alterne vie quotidienne et professionnelle, relations amicales et sentimentales, et où l’on rencontre une série d’échecs et de réussite, tant professionnellement que personnellement. Forcément épanouissant, surtout quand on est stagiaire - ou qu'on l'a déjà été.

 

La page à corner

« De temps à autre, j’observe ma mère du coin de l’œil : le temps passe, mais elle ne change pas tant que cela. Toujours sans artifices, des rides plus prononcées à la commissure des lèvres, et ses cheveux sont naturellement aussi bouclés que les miens sont lisses. Parfois, j’ai du mal à croire qu’il a existé un temps où elle m’a portée dans son ventre, où elle et moi étions en symbiose parfaite. En revanche, certains traits me le rappellent : mon nez est exactement le même que le sien. 
Elle et moi, ce n’est pas que nous ne nous entendons pas, c’est que nous ne nous comprenons pas. 
   J’ai toujours adoré lire. A ma connaissance, elle n’a jamais touché à un roman de sa vie. 
   S’il y a une chose qui l’obsède, c’est la cuisine. Je sais juste faire cuire des pâtes. 
   Quand j’ai eu une période de passion pour le théâtre, elle me répondait que la fiction, c’était bien mignon, mais qu’il y a déjà assez à faire avec la réalité.
   J’ai l’impression que l’on vit dans deux dimensions parallèles qui ne se frôlent que dans les moments obligatoires ou à Noël. Est-ce normal de se sentir étrangère à sa propre famille ? 
   Parfois, j’ai envie de lui poser des questions. Savoir si papa et elle s’aiment encore, lui demander si elle est heureuse de sa vie, elle qui se plaint sans cesse des soucis matériels. 
   Mais ne n’y arrive pas. 
   C’est toujours elle qui pose les questions. 
» (p. 212)

 

L.F

Selections de livre: 

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