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"Daft" de Pauline Guéna et Anne-Sophie Jahn : l'épopée musicale des Daft Punk enfin racontée

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"Daft" de Pauline Guéna et Anne-Sophie Jahn : plongée dans les débuts des Daft Punk

Qui sont les Daft Punk ? Dans Daft (Grasset), Pauline Guéna et Anne-Sophie Jahn racontent les débuts du groupe devenu légende.

Pauline Guéna et Anne-Sophie Jahn en un clin d'oeil :

Pauline Guéna et Anne-Sophie Jahn ont enquêté pendant des mois, rencontrant des dizaines d'amis et de témoins dont certains n'avaient jamais parlé. Ensemble, elles livrent le récit intime de ces commencements "aux charmes inestimables" - les débuts de la légende Daft Punk.

 

Pourquoi on aime Daft :

Si les Daft Punk s'imposent comme le groupe français le plus connu au monde, ils sont également les plus secrets. Derrière les platines, ceux qui ont annoncé leur séparation il y a un an sont toujours affublés de casques qui sont devenus leur signature. Pauline Guéna et Anne-Sophie Jahn nous emmènent à la rencontre des deux hommes derrière leur visière, Thomas et Guy-Man. Pour ce faire, les deux autrices nous font remonter le temps jusqu'en 1993, à l'heure où Paris danse sur les beats d'une nouvelle musique électronique.

Depuis les prémices du groupe jusqu'à leur transformation en robots, Daft raconte les débuts d'un groupe devenu mythique. Véritable épopée musicale, le livre se fait le reflet de toute une génération en laissant la voix à ceux qui ont côtoyé, de près ou de loin, les Daft Punk. L'occasion de célébrer un âge perdu, fait d'insouciance et de fête créatrice.

 

La page à corner :

     À 17 heures, Antoine se faufile au milieu de l'Ubu, la salle est pleine à craquer. Il sent 450 corps se presser contre lui dans la minuscule pièce plongée dans le noir. La moitié d'entre eux sont là pour signer les nouveaux Sex Pistols. Étonné, il entend une rumeur circuler parmi le public : les parents de Thomas seraient présents.  Il jette un oeil autour de lui. Il apprend Emmanuel de Buretel, patron de Virgin Records, sauter fièvreusement sur son père à lui, le prenant pour Daniel Bangalter ! Luc Ressaussière, le père d'Antoine, tente de lui expliquer que son cadet joue aussi à cet événement, mais Emmanuel de Buretel regarde déjà ailleurs... L'air est électrique, collant, parfumé de phéromones. Il se tourne vers la scène. Sa chair se tend. Les Daft Punk viennent de faire leur apparition. Depuis leur pupitre, leurs visages semblent encore plus juvéniles. Ils ont des joues de bébé dans lesquelles nombre de vieux loups de l'industrie du disque ont envie de planter leurs crocs. Thomas s'installe à gauche. Guy-Man est à sa droite. Quarante-cinq minutes de bruit et de fureur. Leur set est tour à tour d'une violence inouïe et d'une douceur sexy. Une claque. Une caresse. Très vite, les deux garçons disparaissent derrière les lasers, halos lumineux colorés et machines à fumée. Antoine ne distingue que la silhouette de Thomas, pliant son corps en cadence sur ses machines, et celle de Guy-Man, immobile. Le duo joue live : ils ajoutent en direct des filtres, des séquences de synthés, des samples... Il faut être habile, rapide et concentré.
     En quelques gestes, ils font monter la tension. Antoine s'agite sur "Rollin' & Scratchin'". Il a l'impression de se faire tabasser. Le kick de batterie est dur, agressif, suffoquant. Ce groupe joue sur ses nerfs. C'est presque insoutenable. Leur son est grave, épais, puis ils font entrer des aigus. Loin de soulager l'audience, ces inflexions sont encore plus brutales. Leur concert est finalement très analogique, avec une grande énergie techno-punk. Ils ont puisé du côté hard de Chicago, une scène culte du Midwest musicalement assez crue. Le rythme cardiaque d'Antoine redescend enfin quand il entend la première mesure de "Da Funk". Le morceau, immédiatement reconnaissable, est 10 bpm en dessous des autres. Il est accueilli par une explosion de joie. C'est le tube des Daft. Tout le monde ici le connaît : il passe en boucle sur FG et Nova. Il est funky, bizarre, unique, addictif. Guy-Man a travaillé sur ce beat dans la chambre de son frère, en s'inspirant du rappeur Warren G, dont il est fou. Thomas a ensuite ajouté des samples de "Bounce, Rock, Skate, Roll" de Vaughan Mason & Crew et de "I'm Gonna Love You Just a Little More Baby" de Barry White, et a composé le reste du morceau sur sa TB-303. Antoine ondule. "Da Funk" réconcilie tous les mondes, tous les styles, de l'électro au disco, en passant par le rock et le rap. Il symbolise l'universalité de cette fin de siècle. "Ils sont extraordinaires", murmure-t-il, abasourdi. Alors que la dernière note retentit, les cris et applaudissements éclatent. C'est un triomphe.
(p.83-85)

 

Shannon Humbert.

Daft
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1993. Paris danse sur les beats d'une nouvelle musique électronique. On croise dans la nuit Michel Gondry, Ariel Wizman, Aline Can Dance, DJ Falcon, Didier Lestrade, Sven Love et tant d’autres. On écoute Radio Nova, FG et les mix du Rex. Dans la chambre d'un magnifique...
Paru le : 
23 Février 2022

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